Depuis des années, les Caf misent sur le tout numérique. La dématérialisation devait rendre le système plus efficace. L’accès aux droits, comme le RSA, apparaît pour certaines personnes de plus en plus compliqué. La politiste Nadia Okbani nous explique pourquoi.

Basta! : Vous travaillez depuis des années sur le RSA. Avez-vous perçu une détérioration de la situation dans l’accès aux droits des allocataires du RSA et celles et ceux qui y ont droit mais ne le perçoivent pas ?
 
Nadia Okbani : Les chiffres des enquêtes de satisfaction fournis par les services de la Caf sont très largement positifs. Mais on observe que, depuis dix ans, le taux de non-recours au RSA reste stable, malgré les politiques de dématérialisation des procédures qui étaient supposées favoriser l’accès aux droits. Le rapport de la Drees de février 2022 précise qu’il y a encore 34 % des personnes qui pourraient bénéficier du RSA qui ne le perçoivent pas.

La plupart du temps, les pouvoirs publics parlent de non-recours en partant du principe que le problème est individuel. Ils posent la question “Pourquoi les gens qui pourraient recevoir un droit ne le demandent pas ?”, mais ils orientent ainsi la responsabilité de l’accès aux droits sur les publics. Alors que le problème n’est pas forcément que les personnes ne le demandent pas, c’est aussi qu’elles peinent à savoir qu’elles ont droit à une prestation, ou n’arrivent pas à l’obtenir auprès des administrations.

Pour lire la suite, cliquez ICI.

Informations supplémentaires