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Eau de Paris passe à l’action pour défendre la qualité de l’eau potable et le droit des usagers. À la demande de la Maire de Paris, ce vendredi 28 mars, la régie municipale a déposé une plainte contre X auprès du Tribunal judiciaire de Paris. L’objectif : établir la responsabilité des producteurs de PFAS, ces « polluants éternels » qui contaminent l’eau, et faire appliquer le principe du pollueur-payeur.
La contamination des eaux potables par les polluants éternels est un sujet de santé publique qui doit alerter l’ensemble des acteurs et demande des réponses fortes. Récemment, les associations Générations Futures et UFC-Que Choisir ont révélé la présence de TFA, une molécule PFAS, dans l’eau potable de 96 % des communes testées, dont Paris. L’inquiétude des usagers est légitime bien que les taux constatés à Paris dans cette étude soient inférieurs aux normes en vigueur.
Le combat ne fait que commencer contre les responsables de ce scandale sanitaire. Les industriels devront répondre de leurs actes devant les tribunaux. Garantir une eau potable saine est un impératif de santé publique qui nécessite une réponse politique forte. L’Etat doit tout mettre en œuvre afin que les fabricants de ces substances prennent en charge la dépollution au nom du principe pollueur-payeur. Ce n’est pas aux usagers de payer la facture. Anne Hidalgo, Maire de Paris
La plainte vise les délits de pollution des eaux, de pollution des sols par abandon de déchets et de dégradation substantielle à l’environnement comme définis par le Code de l’environnement (selon les article L.216-6, L. 231-2 et L. 173-3). La plainte déposée par Eau de Paris vise donc à défendre les usagers consommateurs d’eau en demandant que la responsabilité des pollueurs soit engagée et qu’ils financent la réparation. Elle fait suite notamment à la volonté unanime exprimée au Conseil de Paris que la Ville de Paris engage tous les recours nécessaires en lien avec d’autres collectivités afin d’obtenir réparation des dommages causés.
Ce sont les pollueurs qui doivent payer, les multinationales de la chimie qui commercialisent ces polluants dont ils connaissent la toxicité depuis des décennies. Pas les usagers, pas les opérateurs d’eau potable, pas les collectivités. Dan Lert, Président d’Eau de Paris
Une eau de Paris conforme mais une charge financière des traitements injuste
Eau de Paris confirme que l’eau potable distribuée à Paris est parfaitement conforme aux normes sanitaires, y compris sur la somme des 20 PFAS qui vont prochainement être intégrés au contrôle sanitaire de l’ARS Ile-de-France. Les analyses réalisées en 2024 ont révélé que le total des valeurs est en effet inférieur au seuil réglementaire de 0,1 µg/L.
Cependant, la présence de ces substances dans les eaux brutes implique un renforcement des traitements et une surveillance accrue, représentant pour la seule année 2024 un surcoût estimé à 2 millions d’euros pour Eau de Paris. Ces coûts supplémentaires, injustement supportés par les usagers, doivent être pris en charge par les responsables de la pollution.
