Ils représentent près de 78 % des effectifs, assurent 66 % des interventions, mais sont exclus des discussions sur le très attendu projet de loi sur la sécurité civile. Les deux syndicats de sapeurs-pompiers volontaires revendiquent simplement le droit de s’exprimer.
« Les pompiers en grève » : c’est ainsi que radios et télévisions annoncent le mouvement social qui débutera le 8 septembre, jour de présentation du projet de loi de modernisation de la sécurité civile. Mais un mot manque : professionnels. Ce sont huit syndicats représentant les 44 00 pompiers professionnels qui ont déposé un préavis de grève.
C’est à eux que sera présenté le projet de loi qui concerne les pompiers, tous statuts confondus. Les volontaires – plus de 200 000 hommes et femmes, qui exercent par ailleurs un autre métier – seront, eux, absents des discussions et ne feront pas grève. Ils étaient les plus nombreux cet été pour éteindre les incendies. Ils effectuent les mêmes missions que les pompiers professionnels, sans limite horaire, payés sur une base de 9 € de l’heure et moins d’un euro l’heure d’astreinte. Pourtant, ils n’ont pas les mêmes droits et pas la même écoute du gouvernement.
Aucun des deux syndicats de volontaires n’a été associé aux échanges sur la sécurité civile de demain. Le Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France (SSPVF) le dénonce, par la voix de son secrétaire général, Bruno Ménard, interrogé par Politis : « Quand l’État a besoin des volontaires, il les appelle ; quand il faut les écouter, il les ignore. » Ce paradoxe n’est pas nouveau, mais s’aiguise à mesure que la crise de la sécurité civile s’installe.