Monsieur le Maire,
En avril 2024, les familles bondynoises ont reçu une partie de l’arriéré des factures des activités périscolaires.
Vous aviez promis qu’aucune famille ne serait abandonnée à elle-même.
C’est faux ! Non seulement les aides au paiement ne sont pas accordées mais les erreurs ne sont pas corrigées ! Dans certains cas, nous avons relancé vos services à quatre reprises, sans résultat.
Et les nouvelles factures de l’année scolaire en cours comportent de nouvelles erreurs, qui ne sont pas non plus corrigées.
Cette situation est intolérable.
Nous appelons les familles à se rassembler le samedi 18 janvier sur l’esplanade de la mairie à 15 heures et vous demandons de les recevoir.
Pour Bondy autrement,
Dominique Pierronnet
Après la cyber-attaque subie par la mairie, les factures de cantine et d’activités péri-scolaires avaient été envoyées aux familles.
Les familles concernées se sont mobilisées et Bondy autrement a demandé que des aides soient versées aux familles et que la cantine soit gratuite.
Parmi les scandales, citons une famille qui touche 1 000 euros par mois et à qui la mairie réclame 3 300 euros ! Ces sommes sont dues en partie au fait que des erreurs de tarifs ont lieu, par exemple, le tarif le plus cher « repas exceptionnel » est appliqué à des familles dont l’enfant est inscrit tous les jours, ou des quotients familiaux ont été mal enregistrés.
Trop souvent, ces cas n’ont pas été corrigés, malgré nos relances.
Depuis, il semblerait que notre revendication de cantine gratuite ait été entendue.
Mais les erreurs continuent !
Dans les factures qui viennent d’arriver, des présences d’enfants sont facturées alors que les enfants ne participent pas aux activités péri-scolaires !
Le nouveau système était pourtant censé tout résoudre, et on allait voir ce qu’on allait voir avec le « portail » moderne du service famille !
Nous avons commencé à recenser les situations :
La présence d’une enfant est facturée alors qu'elle ne fréquente ni la cantine ni la garderie. La directrice de l'école lui a donné une attestation de l'absence de fréquentation. Le service refuse pourtant d'exécuter la correction.
La présence de deux frères a été facturée comme si leurs parents n'avaient pas fourni les documents nécessaires à l'établissement du quotient familial. Cela les fait passer de 2 euros à 8 euros le repas ! Le service n'a pas voulu admettre que l'inscription avait été faite correctement et refuse de revenir sur le tarif demandé. On demande une preuve à la maman à qui la facture est adressée, malheureusement elle a vidé ses mails, où se trouvait la confirmation de son inscription.
Plusieurs familles ont inscrit leur enfant pour l’année en pensant qu’il ne s’agissait que de réserver la première semaine. Les familles se rendent compte de cela parce que les factures n’arrivent que maintenant. Il serait pertinent de corriger les quatre mois de septembre, octobre, novembre et décembre pour les familles concernées.
Nous ne savons plus à qui nous adresser : les familles sont prises à la gorge et rien ne bouge. Nous donnons rendez-vous aux familles concernées par les anciennes ou les nouvelles factures pour se rassembler devant la mairie et exiger que le scandale cesse !
Le samedi 18 janvier à 15h devant l’entrée de la mairie du côté de l’esplanade.
Venez avec vos documents !
A notre demande, une délégation de Bondy autrement a été reçue par le SIPLARC, qui fournit des repas aux cantines de Bondy et Noisy-le-Sec, notamment.
Le SIPLARC a connu une crise avec un gros déficit et nous avions immédiatement refusé que la fabrication des repas soit privatisée. Cela semble désormais exclu. Tant mieux ! Le service public est indispensable sur un enjeu aussi important que l’alimentation des enfants.
Engagée actuellement dans une campagne pour la gratuité de la cantine, Bondy Autrement avait quelques interrogations.
Vincent Fortuné, nutritionniste, est revenu sur les bases de l’élaboration des menus soumis à la réglementation GEM-RCM qui garantit l’équilibre alimentaire. La validation des menus se fait avec 3 mois d’avance puis les menus sont envoyés aux mairies. Les menus sont mis à jour chaque semaine sur le site internet du SIPLARC. Il y a régulièrement des menus à thème (Halloween, Noël…).
Le cuisinier animateur organise des ateliers dans les écoles où s’inscrivent les enseignants. Ces ateliers touchent de 3500 à 4000 élèves par an.
Une enquête de satisfaction est envoyée à chaque cantine chaque semaine pour constater les aliments consommés et non consommés.
La présidente précise que le SIPLARC est une entité indépendante en cours de transformation (matériel, logiciel de stock, recherches de producteurs, augmentation du bio) menée par une nouvelle équipe depuis décembre 2023.
La communication est un atout important. Il y a possibilité de participer au conseil syndical public (site internet) et de visiter le site de Noisy le Sec. C’est ouvert à tous. La commission se réunit tous les 2 mois.
Le SIPLARC vend son service aux villes sans bénéfice, au prix de cession, depuis 2012. Ce sont les villes qui décident de la tarification aux familles.
L’objectif est de 10 000 repas de qualité. Pour l’instant, il n’y a pas la possibilité d augmenter le nombres de repas au vu des locaux, du matériel et de la surcharge de travail.
Le plus gros budget (4,4 millions) est consacré à l’alimentation (28 % bio et 10 % labelisés)
Dès janvier 2025, les petits ambassadeurs participeront à l’élaboration des menus.
Dans une volonté écologique et dans un souci de santé, le SIPLARC envisage de remplacer les barquettes en plastiques par des barquettes inox. Mais cela demande un investissement.
Contrairement à ce qu’on peut lire, le SIPLARC n’est pas sous tutelle. Le rapport d’activité est disponible sur le site internet. Il nous a été précisé que le SIPLARC entretient de bonnes relations avec les élus des deux villes, qui sont en accord pour le financer.
La commission municipale chargée d’étudier la cantine a auditionné une délégation de Bondy autrement le lundi 16 décembre 2024. Deux membres de Bondy autrement et deux représentantes des familles mobilisées pour la cantine gratuite composaient notre délégation.
Nous avons remis les pétitions avec 1 161 signatures en faveur de cette proposition.
L’échange a été constructif, et ce n’est pas qu’une formule. Nous en retenons que la commission n’exclut pas le passage à la cantine gratuite, et il semble envisagé de le faire progressivement par strates d’âge.
Nous avons aussi évoqué le SIPLARC, qui est le service public de fabrication des repas. Une privatisation semble désormais exclue, ce qui nous satisfait. Le développement du SIPLARC semble sérieusement réfléchi, ce qui va aussi dans le sens de notre demande.
Nous avons redit que le traitement des familles, maintenant et au moment de la régularisation des factures, n’était pas satisfaisant : les cas que nous avons signalés étaient légitimes mais ont rarement été pris en compte par l’administration municipale.
Rappelons notre réflexion.
Nous demandons la cantine gratuite d’abord dans un objectif pédagogique. La fréquentation de la cantine est un facteur déterminant de socialisation parce que les enfants y apprennent à se connaître, s’y font des camarades de jeu. C’est déterminant pour l’ambiance scolaire. À l’inverse, l’enfant qui rentre chez lui le midi verra plutôt l’école comme un lieu d’apprentissage, s’il réussit, et non comme un lieu de vie. S’il est en échec scolaire, l’école tout entière sera un échec pour lui. Une étude menée en 1996 par le spécialiste de la violence scolaire, Eric Debarbieux, avait établi un lien entre les établissements les plus difficiles et le très faible taux de demi-pensionnaires.
Il ne s’agit donc pas de demander bêtement que l’on nourrisse les pauvres, encore que nous pensons qu’en 2024, un des pays les plus riches de la planète devrait pouvoir offrir quatre repas par semaine en période scolaire à ses enfants. Ajoutons d’ailleurs que ce ne sont pas les pauvres qui sont visés uniquement mais absolument tous les enfants, sans discriminations, c’est l’idée même du projet.
Sur le coût, l’ancienne maire parlait de 800 000 euros et le nouveau maire de 650 000 euros. Nous faisons l’hypothèse la plus haute en parlant de 2,5 millions d’euros, à partir des factures en retard. Mais même à ce prix le projet est défendable sur un budget de 140 millions d’euros pour la ville par an. Il suffit de penser aux 850 000 euros que touchent les élus de la mairie, aux 600 000 euros repris à l’ASB ou à l’économie de 800 000 euros sur le nettoyage par la société Guilbert. On est déjà presque au total. Nous comptions sur la commission pour nous dire le coût réel de cette mesure en l’état actuel, mais il n’y a pas de chiffre précis de la part exacte que les familles paient.
La question du coût se complique un peu, paraît-il, parce que de nouveaux enfants mangeront sans doute. C’est très probable ! Cela prouve que la cantine gratuite favorise la participation des enfants plus et mieux qu’aucun autre système ! Il ne s’agit pas pour nous de nous satisfaire d’un tarif minimum : le simple fait de devoir remplir un dossier et de fournir des documents pose problème. Si vous voulez éviter que les gens réclament, demandez-leur de remplir un dossier, vous perdez déjà 30 % des demandeurs ! C’est ce qu’on appelle le non-recours. D’ailleurs, la gratuité permettra aussi à la mairie de faire des économies, ne serait-ce que par le temps qui ne sera plus utilisé pour faire les factures ou relancer les retardataires. Et cela évitera les erreurs, d’autant qu’il faut bien dire que les dossiers que nous avons suivis n’ont pas été aussi facilement résolus qu’on nous l’avait laissé entendre ! Et de nouvelles erreurs apparaissent, où les enfants qui ne fréquentent pas les activités municipales sont quand même facturés !
Le maire avait évoqué le risque que la qualité baisse avec la gratuité. Cet argument ne tient pas : les enfants peuvent se plaindre alors que la cantine est payante et il paraît que la cantine du Sénat est très peu chère et qu’on y mange très bien : la question est de savoir combien on investit dans ce projet.
Il faut aborder franchement la question sous-jacente : nous ne pensons pas que l’argent soit la valeur de toute chose. Nous pensons même que la gratuité porte une valeur plus grande que l’argent : les militants associatifs donnent leur temps sans compter mais ne le feraient pas pour de l’argent, par exemple. Et pour reprendre une expression connue, quand on dit : « ça n’a pas de prix », cela ne signifie pas que cela n’a aucune valeur mais au contraire que la valeur ne peut pas être compensée par une somme d’argent, aussi importante fût-elle. Rappelons que l’amitié, le respect ou l’amour n’ont pas de prix, sinon cela devient de la corruption ou de la prostitution !
Mais bien sûr il y a un coût : c’est aux impôts de s’en charger. Nous ne payons pas directement les professeurs de nos enfants et pourtant nous accordons de la valeur à l’école, pareil pour les infirmières à l’hôpital. Les impôts s’en chargent et si les riches paient plus que les pauvres pour ensuite répartir équitablement, c’est de la justice sociale.
Il nous faut aussi aborder une question plus « politicienne ». Nous avons entendu l’argument selon lequel la cantine gratuite devrait être combattue parce que cette proposition risquait de faire réélire Stephen Hervé. Les électeurs et les électrices répondront à cette question. Mais effectivement, quand la cantine gratuite a été mise en place par un maire de droite à Drancy, cela a semblé très « disruptif ». Et il a été réélu. Mais pour voir un peu plus loin, cela a sans doute été considéré par les catégories populaires comme une avancée sociale alors qu’elles subissent de façon permanente les atteintes à leurs droits et le mépris de ceux qui pensent qu’elles ne sont « rien », comme dirait l’autre. Ce serait donc un signe fort à envoyer aux habitant.e.s de Bondy.
Enfin, cette mesure entraînera nécessairement des besoins nouveaux : un besoin d’Atsem en plus puisque dans certaines écoles les demi-pensionnaires ne font pas la sieste à l’école, et il faudra plus de places dans les dortoirs et plus de personnels pour surveiller les enfants ou les servir et les aider à manger en maternelle. Il faudra des extensions des réfectoires selon les endroits.
Un dernier mot sur le SIPLARC chargé de fournir les repas que nous rencontrons ce mercredi : nous sommes favorables au maintien de ce service public parce que cela permet à la mairie de décider de l’approvisionnement notamment (agriculture de proximité, bio, confection des repas, etc.). Cela demandera de donner les moyens de se développer au SIPLARC.
Bondy autrement a toujours défendu l’idée qu’une seule priorité devait guider l’action de la mairie : l’école. La cantine gratuite serait un pas décisif en ce sens.