Par Hadrien Akanati-Urbanet
Après plus de deux mois de mobilisation, l’intersyndicale du 93 est reçue par la ministre de l’Éducation nationale ce lundi 15 avril. Pour le Bondy blog, ils reviennent sur cette mobilisation d’ampleur en faveur un plan d’urgence pour l’éducation en Seine-Saint-Denis.
Depuis le 26 février 2024, des parents, des enseignants et des citoyens de notre ville sont en lutte pour obtenir un plan d’urgence pour l’école en Seine-Saint-Denis et le retrait des mesures nocives d’Attal, notamment l’instauration des groupes de niveau.
Une nouvelle grève reconductible est prévue à partir du 22 avril.
Ces revendications sont légitimes.
Nos écoles sont vieillissantes, voire vétustes, il faut un collectif budgétaire de l’État pour nous permettre de les rénover, les finances locales ne pourront pas y suffire. On manque comme partout d’AESH pour s’occuper des enfants en situation de handicap. Les enseignant.e.s absent.e.s ne sont pas remplacé.e.s. Le personnel médical ne suffit pas et se trouve à gérer plusieurs écoles en même temps.
Il faut donc que la municipalité soutienne clairement ces revendications et s’affiche pour les soutenir : seule une mobilisation d’ampleur exceptionnelle pourra obtenir les moyens nécessaires. La mairie doit y prendre toute sa place !
L’intersyndicale cite notamment dans le constat :
Dans les 859 écoles
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Dans chaque école, 1 professeur des écoles et 2 AESH sont manquants
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il manque 2000 enseignant-es (pour les RASED, les Toutes Petites Sections, les brigades de remplacements, les maitres-supplémentaires, baisser les effectifs d’élèves par classe...)
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Dans 48% des écoles il manque un infirmier/médecin scolaire, soit 52 infirmier-es et medecins.
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Dans 19% des écoles il n’y a pas d’assistant-e sociale. Il manque 21 Assistantes sociales
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2/3 des écoles sont considérées en mauvais état (volets défectueux, problèmes d’isolation, dégats des eaux, moisissures,
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Infestations de nuisibles (rongeurs, insectes...) dans 30% des écoles
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il manque 1700 AESH
Dans les 130 collèges
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Il manque 529 classes manquantes et 20 collèges sont à construire
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Il manque 1000 enseignant-es
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Il manque 350 AED et 200 AP et 100 CPE
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Il manque des centaine de postes d’AESH
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dans 40% des collèges il n’y a pas d’infirmières scolaires, il manque 52 infirmier-es
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Dans 23% des collèges il n’y a pas d’assistant-e sociale, il manque 30 assistant-es sociales
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Mauvaise isolation, ventilation et volets défectueux dans 70% des collèges
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Hygiène défaillante (savon), fenêtre défectueuses,
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Le matériel pédagogique est insuffisant et il manque des ordinateurs dans 60% des collèges
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le chauffage est insuffisant dans 1 collège sur 2
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il manque des chaises, des tables, une cour suffisamment grande et des toilettes délabrées dans 50% des collèges.
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présence de moisissure, de fissures, d’humidité, peinture écaillée dans 50% des collèges
Dans les 68 lycées
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Il manque 829 classes
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Il manque 2200 enseignant-es
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Il manque 300 AED et 120 AP et 75 CPE
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Il manque des centaine de postes d’AESH
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dans 35% des lycées il n’y a pas d’infirmièr-es scolaires. Il manque 24 infirmier-es
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Dans 30% des lycées il n’y a pas d’assistant-e sociale. Il manque 21 assistant-es sociales
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Mauvaise isolation et ventilation et store défectueux dans 60% des lycées
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le chauffage est insuffisant dans 50% des lycées
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les toilettes sont délabrées et l’hygiène défaillante dans 50% des lycées
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il manque des chaises, des tables, du matériel pédagogique dans 40% des lycées
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Présence d’humidité, de fissures, de porte et fenêtres défectueuses dans 40% des lycées.
Samedi 30 mars, pas moins de 13 cortèges ont sillonné les rues dans toute la Seine-Saint-Denis rassemblant plusieurs milliers de personnes pour exiger pour le 93 :
• la création de 5 000 postes d’enseignant·es, 2 200 postes d’AESH, 650 postes d’AED, 320 postes d’AP, 175 postes de CPE ;
• des personnels des pôles psycho-médico-sociaux en nombre suffisant (390 PsyEN 1er et 2nd degrés, ...) ;
• des écoles et établissements scolaires salubres et à taille humaine.
Au bout de 6 semaines on ne lâche rien, des suites sont données à la mobilisation :
• Grève et manifestation mardi 2 avril en tête de défilé, au sein d’un cortège éducation 93 pour un plan d’urgence pour l’école publique, contre le « choc des savoirs »,
Départ 14h Place Edmond Rostand, RER Luxembourg
suivie d’une assemblée générale 93 (16h30) qui portera ses mandats dans l’AG Île-de-France (18h) à la bourse départementale du travail de Paris ;
Sans réponses de la part du gouvernement à la hauteur des revendications exprimées depuis plus d’un mois par l’ensemble de la communauté éducative, élèves, parents, personnels, de nouveau...
IL N’Y AURA PAS DE RENTRÉE LE 22 AVRIL PROCHAIN DANS LES ÉCOLES ET LES ÉTABLISSEMENTS DE LA SEINE-SAINT-DENIS !
L’assemblée générale éducation et l’intersyndicale 93 soutiennent toutes les mobilisations de la jeunesse qui lutte pour défendre l’école publique contre le tri social néolibéral généralisé et l’embrigadement auxquels le gouvernement la destine à travers les évaluations nationales du CP à la seconde, les manuels labellisés, Parcoursup, les réformes des lycées, le « choc des savoirs », la généralisation de l’uniforme et du SNU. Nous condamnons avec force les intimidations et la répression que les lycéen-nes subissent.
Excellente revue de presse du mouvent par le collectif Éducation Bagnolet en lutte ICI.
Texte issu du SNUIPP du 93

