Après la mort d’une assistante d'éducation dans un établissement scolaire de Nogent, quelques semaine après l’assassinat d’une adolescente à Nantes, l’inquiétude s’étend. Qu’est-ce qu’il se passe dans notre jeunesse ? On parle beaucoup d’une forte dégradation de leur santé mentale. Des chiffres affolants sont donnés : un jeune sur quatre serait en souffrance. Ceux qui passent à l’acte, meurtre ou suicide, sont l’expression ultime d’une douleur si profonde, si partagée. Parmi les responsables politiques, les plus décidés à apporter des réponses immédiates prônent la mise en place de portiques, de vidéo surveillance, d’interdiction de vente de couteaux. Chacun sait bien que ce sont des solutions impossibles économiquement, inefficaces et en trompe-l’œil. Emmanuel Macron, toujours si économe de moyens, proposent l’interdiction des réseaux sociaux. Cet autre monde irréel n’existera pas. Les jeunes se parlent, s’informent et se distraient massivement sur leur portable. Les défenseurs des enfants et de l’école tirent la sonnette d’alarme sur l’absolue pauvreté des moyens de prévention et de soin dans le domaine mental, en particulier à l’école et en pédopsychiatrie : un médecin scolaire pour 13 000 élèves. Il faudra aussi, un jour, se demander ce qui provoque un tel malaise, d’une telle ampleur, si soudainement. La souffrance de la jeunesse dit à quel point notre monde est anxiogène, si dénué de sens et d’avenir. Ce monde ne leur va pas. Donc il ne va pas.
C’est quotidiennement et de façon croissante que nous sommes interpelé.es par nos collègues sur des situations de management brutal et toxique dans les établissement scolaires : convocations sans motif (entre deux portes, avec parfois refus d’accompagnement), rendez-vous de carrière à charge, rapports sur la manière de servir abusifs, tentatives de tordre le droit syndical, non respect du cadre réglementaire dans les instances, abus de pouvoir par ordres de missions, organisation du travail défaillante, autoritarisme, favoritisme, mises au placard, musèlement des représentant.es syndicaux.ales, mobilités forcées...Voilà la réalité du néo-management public dans nos établissements scolaires et de ses conséquences délétères pour les conditions de travail et la santé des personnels. C’est souvent en toute impunité que certain.es chef.fes d’établissement, membres des corps d'inspections ou personnels du rectorat sévissent, avec la complicité de leurs autorités hiérarchiques : les personnels y sont intimidé•es, broyé•es et traité•es sans considération ni humanité. Paradigme de la maltraitance institutionnelle, c’est par un courrier recommandé envoyé la veille des vacances de printemps et sans aucune procédure contradictoire que plusieurs collègues syndiqué.es ont appris de façon brutale et scandaleuse leur mutation dans l’intérêt du service à effet immédiat. De quoi parle t-on ? Encouragée par la loi de pulvérisation de la fonction publique de 2019, déjà utilisée de façon totalement abusive à l'égard d'autres collègues militant•es syndicaux•ales, la mutation dans l’intérêt du service permet en dehors de toute procédure disciplinaire et contradictoire de déplacer des collègues par le seul fait du prince - sans discussion ni possibilité de se défendre. Officiellement, il ne s’agit pas d’une sanction. Dans les faits, c’est une mutation forcée sans motif disciplinaire, verticale et incontestable. Au collège François Mitterrand (Noisy-le-Grand), pavillon témoin du nouveau management public et de ses conséquences délétères trop bien connues sur la santé des personnels, le rectorat assume très clairement d’opérer de la répression syndicale. Sur la base d’une enquête administrative suspecte dont le rectorat refuse de rendre les conclusions, un récit fantasmatique a été construit sans aucune preuve ni lien avec la réalité. Au collège Jean Lolive (Pantin), un conflit non géré entre collègues, malgré 11 relances d'une demande de médiation par les organisations syndicales auprès du rectorat, conduit à la mutation de collègues syndiqué.es. Dans les deux cas, la direction des ressources in(humaines) du rectorat n'entend pas revenir sur cette décision qu'elle semble incapable de motiver quand on l'interroge sur son bien fondé. Pire, le DRH prétend ne plus se souvenir des courrier signés la veille de leur envoi aux collègues déplacé.es de force... en a-t-il même pris connaissance? L'administration est tellement coutumière de la défense des personnels de direction toxiques et brutaux qu'elle semble ne même plus s'intéresser au fond des dossiers qui accablent les personnels qui les dénoncent. Il suffit de regarder le fond des dossiers des collègues syndiqué.es muté.es, pour voir qu'aucune procédure disciplinaire n’aurait été justifiée envers elleux et que leur éviction s'appuie sur des rapports tronqués, à charge, et qui n'auraient jamais pu motiver la réunion d'une CAPA disciplinaire. Alors le rectorat utilise cette mesure scandaleuse, non-motivée et brutale. C'est intolérable, injuste et d'une violence inouïe. L’intersyndicale éducation SNES-FSU 93, SUD-EDUCATION 93, CGT-EDUC’ACTION 93 et CNT 93 exige le maintien des collègues syndiqué.es dans leur collège et appelle à en finir définitivement avec le management brutal et toxique qui gangrène nos établissements. Plus largement, elle appelle l'ensemble des collègues du département à une journée de grève et d'actions le 22 mai prochain pour exiger l'annulation des mutations dans l'intérêt du service mais aussi s'opposer au management toxique que subissent de trop nombreux collègues. Afin de soutenir les collègues, deux rassemblements seront organisés à 10h devant les collèges Jean Lolive (Pantin) et François Mitterand (Noisy-le-Grand) puis à 14H devant la DSDEN à Bobigny pour exiger l'annulation des mutations forcées. Tous en grève et dans la rue pour exiger un véritable respect des collègues et dénoncer le néomanagement toxique !
Depuis de trop longs mois, le collège François Mitterrand (Noisy-le-Grand) est devenu un exemple flagrant du management par la peur et le stress, des mises au placard, des invectives, des mesures de rétorsion, des vérités alternatives et des entraves au droit syndical et au cadre réglementaire. En un mot, cet établissement est le pavillon témoin du nouveau management public et de ses conséquences délétères trop bien connues sur la santé des personnels.
Les élu.es de la liste SNES-FSU, SUD EDUCATION et sympathisant.es et les collègues jugé.es trop proches de cette liste y subissent au quotidien un acharnement insupportable caractérisé par un management brutal de tous les instants.
Et pourtant, ce collège était sans histoire depuis sa construction il y a 20 ans : l’équipe pédagogique était stable, dévouée à la réussite de toutes et tous et appréciée des parents d’élèves.
Désormais, dans cet établissement, exercer un mandat syndical et revendiquer la démocratie interne et le dialogue social sont des missions quasi impossibles qui exposent et abîment les personnels. Les alertes, signalements et appels au secours se sont multipliés de la part de collègues humilié.es, congédié.es, exfiltrée.es par la direction au fil des mois.
Toutes et tous en ont témoigné par de multiples canaux auprès des autorités hiérarchiques. La souffrance au travail y est documentée, objectivée et sans équivoque. Ce management brutal se double d’un management toxique de fracturation du collectif. Direction le rectorat (sans respect des procédures en vigueur) pour celles et ceux qui osent apporter la moindre forme de contradiction. En revanche, un totem d’immunité est accordé à d’autres, loyaux et dociles, y compris quand il s’agit de traiter de mise en danger des élèves. Aux collègues maltraité•es, on brandit des accusations de diffamation. Aux protégé•es de la direction, on réserve une protection de tous les instants.
En juin 2024, devant l’ampleur et la précision des signalements, la DSDEN 93 avouera être mise en difficulté par certains agissements de la direction du collège. Plus tard, une enquête administrative sera diligentée.
Aujourd’hui, le rectorat a tranché : deux collègues syndiqué.es au SNES-FSU et à SUD EDUCATION (dont la secrétaire de la section SNES-FSU du collège ) sont muté.es dans l’intérêt du service sans délai, suite à l’enquête administrative. Enquête dont le rapport et les conclusions n’ont toujours pas été communiqués. Enquête dont le déroulement à bien des égards fût plus que suspect. Aurait-elle été une immense opération d’enfumage dans le seul but d’écarter deux collègues et d’offrir un parachute doré à un personnel de direction ? Encouragée par la loi de pulvérisation de la fonction publique de 2019, déjà utilisée de façon totalement abusive à l’égard d’autres collègues militant•es syndicaux•ales, la mutation dans l’intérêt du service permet en dehors de toute procédure disciplinaire et contradictoire de déplacer des collègues par le seul fait du prince. Officiellement, il ne s’agit pas d’une sanction.
Dans les faits, cette mesure scandaleuse, non-motivée et brutale est utilisée pour mater les collègues qui dérangent l’administration. Au collège François Mitterrand, elle est le bras armé d’une répression syndicale qui ne dit pas son nom. C’est intolérable, injuste et d’une violence inouïe.
Le rectorat assume donc au mépris de toute considération pour les lanceurs.euses d’alerte que sont nos deux collègues de participer à la France-Télécomisation de l’éducation nationale : les personnels y sont intimidé•es, broyé•es et traité•es sans considération ni humanité. Qui sont donc les prochain.es sur la liste ?
L’intersyndicale éducation SNES-FSU 93, SUD-EDUCATION 93, CGT EDUC’ACTION 93, CNT 93 apporte son soutien sans faille à nos camarades Catherine et Vincent. Elle exige leur maintien au collège François Mitterrand et se tient prête auprès des collègues du collège et du département pour en finir définitivement avec le management brutal et toxique qui gangrène nos établissements.
La différence de proportion de diplômes entre Bondy et la France est criante.
L’INSEE indique que 32 % des Bondynois.es n’ont aucun diplôme alors que ce chiffre est de 11 points inférieur en France (21%). C’est d’autant plus inquiétant que cet écart s’est encore aggravé dans la dernière décennie.
Notre ville pourrait aider à corriger cette inégalité en faisant de la réussite scolaire sa vraie priorité.
Quelle aide plus durable peut-on apporter aux jeunes générations ?
Y a-t-il même un moyen plus efficace d’éviter la dérive de ceux qui sont "inemployables" et réduits à une délinquance de survie ?
Comment peut-on laisser des jeunes nés en France quitter le système scolaire sans savoir véritablement lire et écrire, comprendre les enjeux actuels, avoir un regard informé sur la réalité ?
En France, 49 % de la population est titulaire du bac ou un d'autre diplôme du supérieur mais nous ne sommes que 44 % à Bondy. Cet écart s’est réduit au cours des dix ans passés mais il faudrait plus de cinquante ans à ce rythme-là pour arriver à l’égalité. Autant dire qu’on ne peut pas se contenter de laisser le temps faire son œuvre.
Évidemment, Bondy ne peut pas résoudre seule cette différence. C’est pourquoi la mobilisation est nécessaire contre la fermeture de 105 classes à la rentrée 2025 en Seine-Saint-Denis. Si la démographie baisse, profitons-en pour réduire les effectifs et aider les élèves en difficulté !
Alors comment Bondy peut-elle agir ? Nous réclamons depuis des années une nouvelle école en centre-ville pour désengorger celles où des préfabriqués ont réduit l’espace des cours. Le projet d’une nouvelle école aux abords du Canal de l’Ourcq est lancé mais nous n’avons guère de détails. Dès la rentrée 2025, il serait possible de mettre en place la cantine gratuite puisqu’il est établi qu’elle peut favoriser l’intégration sociale des élèves et donc leur réussite scolaire.
« Rendre la ville à ses habitant.e.s », c’est aussi les rendre capables de comprendre et d’intervenir. C’est le projet de Bondy autrement.
Pour une analyse plus détaillée des chiffres :
Nous nous sommes servis des données de l’INSEE, qui pourraient être améliorées pour être à la hauteur du service public souhaitable (voir notre article passé intitulé « combien sommes-nous ? »…).
Les chiffres de 2021 mentionnent un taux de Bondynois.es sans diplôme de 31,9 %, alors qu’au niveau national, le chiffre est inférieur de 11 points (21,1 % de la population). Cet écart s'accroît puisqu'il était de 9,5 points en 2009 (29,9% en France et 39,5% à Bondy) mais qu'il est monté à presque 11 points en 2020 (21,1 % en France mais 31,9 % à Bondy).
Le taux d'obtention d'un diplôme s'est amélioré tant en France qu’à Bondy entre 2009 et 2020. Les sans-diplôme ont baissé de 9 points au niveau national (de 29,9 à 21,1%) et de 7,5 points à Bondy (de 39,5 % à 31,9%). Relativement, la baisse est donc moins forte à Bondy et l'écart s'est donc encore accru.
Entre 2009 et 2020, le taux de diplômés du bac ou du supérieur a progressé de 9 points en France (de 40,1 % à 49 %), tandis qu’à Bondy ce taux a progressé de 10 points (de 34,2 % à 44 %). Malgré l’amélioration entre 2009 et 2020, il reste que la partie des bacheliers et diplômés du supérieur est inférieure de 5 points à Bondy par rapport à la France entière (de 44 % à 49 %) en 2020. En 11 ans, l’écart s’est donc réduit d’1 point. Il faudrait donc encore au moins 50 ans à ce rythme-là pour qu’il disparaisse.