C’est avec effroi et sidération que la FSU a appris ce midi l’attaque au couteau perpétrée contre plusieurs personnels d’un établissement d’Arras. Cet acte terroriste a entrainé le décès d’un professeur de français et grièvement blessé d’autres personnels : un professeur d’EPS et un agent de la Région. La FSU apporte tout son soutien à l’ensemble de la communauté éducative, aux élèves, aux familles et aux victimes. En ce jour sombre, elle présente ses condoléances à la famille et aux proches de l’enseignant décédé.
La FSU condamne cette nouvelle attaque contre un enseignant. Aujourd’hui encore, en France, en 2023, trois ans presque jour pour jour après l’assassinat de Samuel Paty, un professeur peut être assassiné pour ce qu’il est et ce qu’il fait. C’est dramatique et insoutenable. L’école est devenue une cible pour ce qu’elle représente : un lieu d’émancipation par les savoirs, permettant à chaque élève d’entrevoir une porte, un avenir quel que soit son milieu d’origine. Cette idée est insupportable à celles et ceux qui sèment la terreur au nom de l’obscurantisme. Mais nous continuerons de porter cette idée d’une école émancipatrice pour toutes et tous parce que c’est bien ainsi que se construit l’avenir de la jeunesse et de notre pays.
Chaque jour, dans l’école de la République, des adultes, des professeurs œuvrent pour leurs élèves, pour les faire grandir, pour les accompagner. L’école doit être protégée de toute attaque et de toute dérive.
Face à ce drame, chacun devra se montrer à la hauteur. La FSU appelle chacun à s’abstenir de toute instrumentalisation et à respecter le deuil d’une communauté éducative meurtrie.
Par Laury-Anne Cholez et Nnoman Cadoret (photographies)
À Paris, comme dans d’autres villes, les cours « Oasis » se multiplient. Leur but : végétaliser des espaces autrefois bétonnés pour transformer ces lieux en îlots de fraîcheur.
Une cour « Oasis » à l’école. Le concept fait rêver. On s’imagine un jardin d’éden, avec des palmiers, du sable et une foule de plantes vertes recouvrant le bitume gris. On visualise un espace où les élèves pourrait échapper à la canicule de la rentrée et aux épisodes de chaleur intense qu’ils subiront à l’avenir.
Hélas, comme de nombreux rêves, celui-ci vient se heurter au principe de réalité. Difficile de concilier le besoin d’herbe fraîche avec le piétinement de centaines d’enfants, comme le montrent les écoles élémentaires Compans et Général Brunet qui partagent leur cour dans le 19ᵉ arrondissement de Paris.
Cette cour d’environ 1 000 mètres carrés, foulée par 338 écoliers - a été l’une des premières à avoir été végétalisée. Le chantier a débuté en 2020 par une concertation entre tous les usagers : enseignants, élèves, parents, agents de service ainsi que les animateurs du temps périscolaire.
« On organisait des ateliers avec les enfants où on leur parlait de perméabilité des sols et de réchauffement climatique, raconte Bénédicte Momeux, responsable éducative de la ville, qui s’occupe des temps périscolaires dans ces deux écoles. Les parents avaient envie d’avoir les Buttes Chaumont [1] à l’intérieur de l’école. Mais ce n’était pas possible. On ne peut pas mettre du gazon où des centaines d’enfants vont marcher toute la journée ».
Une fois la concertation terminée, place aux travaux. Les pelleteuses ont retiré trente à quarante centimètres de béton avant d’installer un revêtement en plastique mou sur une bonne moitié de la cour. Cette matière amortit les chutes mais n’est plus vraiment utilisée aujourd’hui.
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« On en met de moins en moins car ce plastique ne laisse pas s’infiltrer l’eau. On privilégie désormais les copeaux de bois », indique Joséphine Bussière, designeuse de services en architecture éducative et inclusive pour la ville de Paris.
Tout va bien. C’est le ministre qui l’avait annoncé.
C’est sans doute vrai dans les écoles qu’a fréquenté Gabriel Attal, mais il faut croire que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.
Ainsi, les parents voient la rentrée arriver avec l’angoisse des nouvelles dépenses liées aux fournitures. + 11 % d’augmentation cette année par rapport à l’an passé. La Fédération des parents d’élèves FCPE demande ainsi une vraie gratuité où les fournitures puissent être fournies aux familles. Certaines mairies le font.
Si nous regardons maintenant la promesse d’avoir un enseignant devant chaque enfant, évidemment c’est faux. Mais qui y croyait ?
Ce sont 3000 enseignants qui manquent à l'échelle nationale, selon les médias. Prenons le cas du collège Jean Renoir : rien qu’au collège il manque au moins un.e professeur.e de mathématiques et un.e de français. Heureusement que ce ne sont pas des matières indispensables pour la poursuite d’études ! Les effectifs par classe y dépassent d’ailleurs parfois le maximum autorisé de 24 élèves, mais il faut croire que la loi ne s’applique plus à l’État.
Au lycée, ce n’est guère mieux : les 1400 élèves devront se passer d’infirmière et d’assistante sociale pour l’instant. Quand on sait qu’une centaine d’élèves doit bénéficier d’un protocole médical, on se demande si les dossiers spécifiques pour le bac pourront être faits.
Quant à l’école inclusive qui accueillerait dignement les élèves en situation de handicap, évidemment les personnels nécessaires AESH manquent cruellement. L’an dernier, 100 recrutements ont eu lieu en Seine-Saint-Denis mais 95 démissions ont suivi, tant les salaires et les conditions de travail sont déplorables ! Les familles se débrouilleront avec ça.
Mais le ministère est très au-dessus de ces contingences-là. Le vrai sujet de la rentrée, c’est les abayas. Ainsi les personnels des collèges et des lycées devront en plus contrôler les tenues vestimentaires des filles pour vérifier si les robes sont islamiques ou pas. On leur souhaite bon courage pour cette complication supplémentaire de leur tâche. Toute la communication gouvernementale sur ce sujet aura d’ailleurs bien excité les élèves, les personnels et la population sur cette question, une difficulté en plus.
Rappelons une évidence : l’instruction est une condition nécessaire pour construire l’avenir de nos enfants. C’est pourquoi Bondy autrement demande que soit mise en place la cantine gratuite : cela facilite la socialisation des enfants et garantit qu’ils bénéficient d’un repas équilibré par jour. L’attention en d’autant facilité. Nous demandons plus généralement que la réussite scolaire de tous les enfants soit LA priorité municipale.
Le lundi 3 juillet s'est tenu un Conseil d'administration au collège, il a adopté la motion suivante.
Nous représentant-es des personnels d’enseignement, d’éducation, d’orientation et des parents d'élèves du collège Jean-Renoir de Bondy, dénonçons la mise en place du pacte, destiné à pallier les défaillances de l’État en matière de remplacement de courte durée (alors qu'aucune solution n'a été abordée et apportée par le pacte pour les absences de longue durée, bien plus problématiques).
Nous dénonçons le discours mensonger du président de la République : toutes les absences de courte durée ne seront pas systématiquement remplacées à la rentrée grâce au pacte. C’est un leurre pour les parents d’élèves et l’opinion publique qui traduit une grande méconnaissance de nos établissements et un profond mépris pour la dimension pédagogique de nos métiers : comme si un remplacement pouvait s’improviser au pied levé. Ce n’est en rien, non plus, une revalorisation pour les enseignant-es, CPE et PsyEN. Ils ont perdu plus de 20% de pouvoir d’achat sur les 20 dernières années et ce qui leur est proposé c’est de travailler plus.
Ce pacte va induire entre les collègues une concurrence du fait d'un contrat différencié entre les collègues qui ne signeront pas le pacte et ceux qui signeront une, voire plusieurs briques, alors que nous avons besoin d'un fonctionnement collectif pour travailler à la réussite de tous nos élèves.
Ce pacte va aggraver des inégalités salariales entre les hommes et les femmes. Les chiffres sont pourtant éloquents : les hommes prennent plus d’HSA et d’IMP et sont mieux rémunérés parfois pour la même mission. Et face à ces inégalités bien réelles, alimentées par les primes et les missions supplémentaires, quelle est la réponse du ministère ? Mettre en place un pacte qui renforce l’usage des primes et des missions supplémentaires.
Le pacte va désorganiser les établissements et mettre en péril certains dispositifs et certaines missions existantes (devoirs faits, tutorat, missions particulières des enseignants référents, mission de coordination etc.). Il vise à mettre en place des réformes qui donnent à l’école une orientation contraire à sa mission première qui est d'accompagner les élèves tout au long de leur scolarité en s'adaptant au mieux à leurs besoins. Ce pacte vise à l'inverse, une adaptation des élèves au monde du travail, la réforme du lycée professionnel appuyée par le pacte LP en est l'exemple.
L'école publique, laïque, a une mission émancipatrice bien plus ambitieuse avec un accès à une culture commune pour toutes et tous. Pour toutes ces raisons, nous représentant-es des personnels d’enseignement, d’éducation, d’orientation et des parents d'élèves du collège Jean Renoir de Bondy, exigeons l’abandon du pacte.
Le conseil d'administration soutient cette démarche et dénonce la mise en place du pacte.
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