En Seine-Saint-Denis, il y a 74 % des enfants qui ne savent pas nager à l’entrée en sixième, alors que la moyenne nationale est de 50 %. La raison en est principalement le manque d’infrastructures. C'est ce qu'indique un reportage de France Info.
Nous avions donc bien raison de dénoncer la fermeture de la piscine Tournesol pour plusieurs mois à Bondy ! À la fin de la sixième, il reste encore 50 % des enfants qui ne savent pas nager dans le département. En France, 253 personnes sont mortes par noyade l’été dernier, selon Santé Publique France.
Le vendredi 15 mars, à 19h, aura lieu la nouvelle réunion ouverte de Bondy autrement à l’école Apollinaire (16 avenue Henri Barbusse, à côté de la mairie).
Tout le monde peut y venir : nous voulons entendre vos propositions, vos questions, vous donner la parole et construire toutes et tous ensemble le mouvement citoyen dont la ville a besoin !
Le samedi 20 janvier, Bondy autrement organisait ses vœux. Une initiative agréable qui a rassemblé une cinquantaine de personnes. Djamila Dahmani est d’abord intervenue au nom de l’association puis les associations présentes ont pris la parole (Bondy écologie, Ligue des Droits de l’Homme, Réseau Éducation Sans Frontières, Droit Au Logement d’Est-Ensemble), ainsi que Hakim Kadri, représentant des locataires à Est-Ensemble Habitat.
Voici l’intervention de Bondy autrement :
Cher.e.s ami.e.s,
L’année 2023 s’est terminée et nous ne la regretterons pas.
Entre les crimes de guerre commis en Israël et en Palestine, la retraite reportée à 64 ans en France, la programmation de France Travail avec l’obligation de travailler 15 heures par semaine pour les allocataires du RSA et la loi immigration consacrant la discrimination, adoptée par une coalition allant du RN aux macronistes, nous pouvons dire que les nouvelles n’ont pas été bonnes l’année dernière. 2023 a été aussi l’année de la mort de Nahel qui a donné lieu aux émeutes. La violence policière s’est installée dans notre pays et il faut changer la police au lieu de se préparer à de nouveaux cycles où la mort d’un jeune est suivie d’émeutes. Aucun signe n’a été donné par le pouvoir pour aller dans ce sens, bien sûr. La répression des manifestations est même devenue une habitude, depuis les gilets jaunes en passant par le nassage des rassemblements pour la retraite ou la tentative d’interdire les manifestations en solidarité avec les civils gazaouis.
Nous n’oublions pas que 2023 fut l’année d’un féminicide à Bondy, Flora. Là encore, notre société doit réagir pour obtenir l’égalité de toutes et tous, et d’abord renforcer les revendications féministes et antiracistes.
Il dépend évidemment de tout un chacun de changer le cours des choses mais le ciel s’assombrit grandement dans notre pays.
En ce qui concerne Bondy autrement, nous sommes restés actifs.
Face aux dangers qui pèsent sur la politique française, avec les idées d’extrême-droite et le risque de plus en plus réel de voir le RN triompher aux prochaines élections, nous avons relancé l’Association Pour la Promotion de l’Information Citoyenne (ASPIC) et son site internet Expression93.org. C’est aussi dans cet esprit que nous voulons travailler plus étroitement avec la LDH, RESF ou Bondy écologie, comme nous avons continué à le faire sur la question de l’écologie dans la ville.
Les luttes locales sont toujours au cœur de notre démarche. En 2023, nous avons pu nous réjouir que les citoyen.ne.s mobilisé.e.s contre les nuisances de la ligne 15 gagnent partiellement au tribunal. Nous avons dénoncé avec le collectif que les camions continuent à passer sur le pont de la gare malgré l’interdiction liée à la dangerosité.
Lors de la lutte contre la retraite à 64 ans, nous avons participé à la casserolade, participé à une réunion des établissements scolaires à Chauzy et beaucoup manifesté mais la détermination des macronistes de casser les droits sociaux a été plus forte. Ce recul social sera payé au prix fort, d’abord au détriment de la santé des salariés.
Nous avons contribué récemment au rassemblement sur la place de la mairie en soutien aux victimes civiles de Gaza et pour une solution politique contre la colonisation israélienne.
Il y a pourtant des choses que la ville devrait faire. Ainsi nous constatons que Bondy devient un vrai désert médical : l’installation d’une maison médicale avec des médecins salariés serait une bonne idée, c’est ce que nous avons proposé.
Localement, certains commencent à ouvrir les yeux sur le maire qui est désormais très mal perçu par le personnel communal. 2023 aura aussi été l’année où la mairie aura supprimé les subventions aux syndicats, risquant de priver les salariés de renseignements sur leurs droits, y compris les salarié.e.s de la mairie qui n’ont pas d’assistante sociale pour monter leur dossier de retraite.
Mais au-delà des conséquences pratiques de la suppression des subventions aux syndicats, c’est toute une conception du milieu associatif et de la société civile que l’on constate : pour nous il faut aider à ce que les gens interviennent par eux-mêmes comme c’est le cas dans les associations et les syndicats. Pour le maire, ces gens-là sont des gêneurs. On penser ici bien sûr à l’Association Sportive de Bondy qui a vu sa subvention amputée, passant d’1 million 200 000 euros à 600 000 euros. Combien de jeunes vont cesser de faire du sport, combien de bénévoles dégoûtés vont lâcher ?
Nous avons dénoncé déjà les conséquences des dysfonctionnements de la mairie pour les familles avec des retards de facturation qui risquent de mettre les familles en difficulté.
Est-ensemble, présidée par le maire de Montreuil Patrice Bessac, ne fait d’ailleurs guère mieux quand le ramassage des ordures est décidé sans concertation des usagers, ou encore quand la piscine Tournesol est fermée pour faire des économies alors que la moitié de nos jeunes ne savent pas nager à l’entrée en Sixième, et que 1000 personnes meurent par noyade en France par an.
C’est d’ailleurs pour cela que nous avons écrit que le syndrome Macron frappait aussi à Bondy : l’idée que l’on est seul légitime à décider pour tout le monde parce que les circonstances ont fait qu’on a été élu. Monsieur Hervé a été élu mais sa politique n’est pas celle dont les Bondynois.es ont besoin. La ville n’est ni à elle ni à lui, elle est à vous. Ce n’est ni Mme Thomassin, ni M. Hervé qui sont légitimes pour décider seuls, ils l’ont d’ailleurs prouvé. C’est aux habitants et au personnel de décider du budget.
Nous le disons d’autant plus sereinement qu’en 2023, une candidate macroniste de Bondy a vu ses comptes de campagne invalidés, elle est devenue inéligible, ce qui ne l’empêche pas d’ailleurs de rester maire-adjointe. Non décidément, nous n’avons pas les mêmes valeurs ! Nous sommes des citoyens, mais nos comptes ont toujours été validés par la commission de contrôle des comptes de campagne !
2024 sera une année de chantiers nouveaux : à partir de janvier la distribution de l’eau ne sera plus assurée par VEOLIA mais par une régie publique. C’est une victoire pour nous qui avons mené ce combat depuis le début. Nous avons d’ailleurs participé à relancer le forum citoyen de l’eau à l’échelle d’Est-Ensemble et organisé déjà une réunion d’information à ce sujet en mairie.
Mais 2024 risque d’être difficile pour la ville : le rapport de la Chambre Régionale des Comptes dont nous avons rendu compte est très inquiétant pour Bondy. D’un excédent de 15,5 millions en 2019, nous sommes passés à 8,5 millions, à peine de quoi payer les intérêts de la dette. Face à cette situation, nous disons que notre proposition de rendre la ville à ses habitant.e.s est d’autant plus pertinente : le maire n’a pas prouvé que ses choix étaient judicieux, les habitants feraient mieux ! Nous sortons d’ailleurs d’un rendez-vous avec le maire et nous avons rappelé notre inquiétude, en particulier concernant l’Association Sportive de Bondy (ASB) et les conséquences de la réduction des moyens sur le nettoyage avec la réduction de 800 000 euros du marché du nettoyage des écoles.
Nous voulons faire de 2024 une année importante pour construire vraiment un mouvement citoyen à Bondy.
Nous vous appelons donc à participer activement aux associations présentes dans la ville, que ce soient les amicales de locataires, les associations de parents d’élèves, les syndicats bien sûr, mais aussi la Ligue des Droits de l’Homme, le Réseau Éducation sans Frontières, l’Association France Palestine Solidarité, etc. J’insiste particulièrement sur le collectif contre les nuisances de la ligne 15, qui va demander une importante mobilisation citoyenne puisque nous savons maintenant que c’est Eiffage qui doit réaliser une opération immobilière à la gare, là où les habitant.es refusent d’être exproprié.es.
Pour notre part, nous mettons notre implantation au service de l’information et de l’action des habitants et des habitantes. Avec notre journal que nous distribuons à des centaines de lecteurs et aux passants chaque mois, nous voulons maintenant vous donner plus la parole, alors n’hésitez pas à nous donner des informations sur lesquelles vous voulez attirer l’attention.
Chacun et chacune peut participer aussi une fois par quinzaine à la réunion que nous organisons dans cette école Apollinaire, elle sera désormais ouverte à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, donnez-nous vos coordonnées pour vous prévenir, et je rappelle que vous pouvez reprendre votre carte à Bondy autrement aujourd’hui auprès de Jorge.
En 2023, pour être plus visibles nous avons édité un auto-collant que vous avez peut-être reçu. Nous avons participé pour la première fois à la fête des associations locales. Une première très active et réussie ! Nous sommes désormais sur instagram et TikTok.
Nous participons à l’Association Pour la Promotion de l’Information Citoyenne (ASPIC) qui organisera un débat sur la nouvelle loi immigration le 6 février.
Alors, bonne année ensemble pour rendre la ville à ses habitantes et à ses habitants !
Christian Bernard, pour Bondy écologie, rappelle d’abord le travail en commun mené par nos deux associations sur la question des herbes sauvages dans la ville. Bondy écologie intervient aussi pour réduire l’impact de la publicité dans la ville. L’autre chantier est celui du SDRIF, le Schéma Directeur Régional de l’Île-de-France, qui doit décider de l’organisation de la région pour les prochaines années.
Olivier Sagette, pour le DAL d’Est-Ensemble, rappelle le combat mené pendant 12 ans avec Bondy autrement pour défendre les résidents de la clinique Michelet, qui ont tous pu être relogés. Une belle victoire qui donne confiance dans les luttes déterminées menées par les intéressé.e.s ! Actuellement, le DAL d’Est Ensemble est mobilisé à Romainville. A Paris, un campement a été installé rue de Solférino pour dénoncer le mal-logement : en France 3 millions de logements sont vides, 125 000 à Paris. En février, le DAL « fêtera » les 20 ans de l’ANRU qui finance la destruction des logements sociaux. Un sujet qui intéresse les Bondynois aussi !
Monique Garnier, pour la Ligue des Droits de l’Homme, rappelle que l’association regroupe des juristes et des militants. Un afflux d’adhérents et de militants a eu lieu après les propos de Darmanin contre la LDH en 2023. La LDH s’est mobilisée contre le recul de l’âge de la retraite à 64 ans, pour un cessez-le-feu à Gaza et contre la loi immigration. La projection du film Tantura a été organisée au cinéma Malraux sur l’occupation israélienne et prochainement celle du film sur les algues vertes.
Anne-Marie Vachon, du Réseau Éducation Sans Frontières, a rappelé que l’association tient une permanence le lundi de 17 à 19h à l’espace Sohane à Bondy-sud. Il s’agit surtout d’aider les sans-papiers. Aujourd’hui, l’association dénonce les délais allongés (ou impossibles) pour prendre un rendez-vous en Préfecture : tout se fait sur internet mais les gens n’obtiennent pas de réponse. Des démarches au Tribunal Administratif vont être engagées de nouveau pour obtenir gain de cause, ainsi qu’une manifestation ce lundi à Montreuil.
Enfin, Hakim Kadri, représentant des locataires à Est-Ensemble Habitat, prend la parole pour rappeler que le nouvel Office HLM s’est monté dans la précipitation avec d’importants défauts pour les locataires. Les décisions sont plus éloignées, on ne sait pas si c’est le siège ou l’agence de Bondy qui peut intervenir… Il faut souligner que les représentants élus par les locataires n’ont pas pu siéger au Conseil d’Administration, c'est le préfet qui a choisi ceux qui pouvaient siéger !
Enfin, pour Bondy autrement, Vincent Duguet a rappelé que nos réunions à l'école Apollinaire sont désormais ouvertes à tous et toutes, une fois par quinzaine. Donnez vos coordonnées pour être prévenu.e. Vous pouvez également nous contacter pour que vos informations soient reprises sur notre site et notre journal papier.
Faisons de 2024 une année de mobilisation pour rendre la ville à ses habitant.e.s !
C’est fait : le cabinet médical rue Jules Guesde a fermé. Le seul médecin de la place Neuburger a annoncé son désir de partir en retraite. Notre avertissement sur le désert médical qui s’installe à Bondy n’est pas entendu par les pouvoirs publics. À quand l’installation d'une maison de santé, avec des médecins salariés ? Les décideurs politiques devraient défendre et promouvoir l’existant, comme l’hôpital Jean-Verdier, au lieu de vouloir en transférer l’activité à Avicenne.
Si la santé va mal, l’école ne se porte pas mieux. C’est ainsi qu’à Jean-Renoir, une classe n’a ni professeur de français ni professeur de science physique. Cela ne gêne pas les ministres de l’éducation nationale qui se succèdent puisque leurs enfants vont dans le privé et peuvent se payer des profs particuliers.
Concernant la sécurité, malgré la récupération de ce thème par la mairie ou le ministère de l’intérieur, l’État a été condamné à faire des travaux au commissariat : vu l’état de délabrement des locaux, les avocats devaient s’y entretenir avec leur client dans les toilettes !
Quant au logement, les autorités reconnaissent que la grande majorité des Bondynois.es ont droit à une HLM mais s’entêtent à détruire des logements sociaux corrects pour les remplacer par du privé. Il faut croire que le pouvoir a peur des quartiers populaires. Cela se fait au grand bénéfice des promoteurs immobiliers qui profitent de la pénurie pour faire de grasses affaires.
Le budget de l’État est consacré pour un tiers à offrir de « l’aide publique » aux entreprises privées*. Diminuer les impôts pour nous priver de services publics, c’est le calcul de Macron.
Toutes les luttes pour défendre les services publics sont salutaires : quand tout sera privé, nous serons privés de tout.