Alors que nous avons écrit au maire pour demander des informations fiables concernant le chauffage, nous attendons toujours une réponse mais pouvons déjà affirmer plusieurs choses :
- Le SIGEIF qui regroupe les commandes de nombreuses villes d’Île-de-France établit que le prix proposé à partir de janvier 2023 serait de 167 euros du Mwh plutôt que 16 euros, soit une multiplication du coût par 10.
- À Bondy-nord, les habitants et les bâtiments alimentés par Coriance ont vu leur coût augmenter de 50 % déjà en 2021 par rapport à 2020, et risque de voir une augmentation équivalente en 2022, soit un doublement du coût du chauffage sur deux ans.
La mairie doit être utile aux bailleurs et aux habitants en coordonnant les démarches nécessaires à la demande du bouclier tarifaire.
Nous proposons donc que la municipalité soit active en réunissant les bailleurs et les amicales de locataires pour obtenir le bouclier tarifaire.
Un guichet unique dédié à cette question doit aussi permettre aux particuliers de s’orienter dans leurs démarches.
Sinon, les locataires et les propriétaires occupants risquent tout simplement d’accumuler les dettes entraînant en cascade les difficultés pour la mairie et les bailleurs. Ce sont des efforts de plusieurs années qui peuvent être ruinés, comme dans des copropriétés dégradées où ce coût supplémentaire ne pourra pas s’ajouter aux dépenses déjà lourdes consenties par les propriétaires en difficulté.
Dans l’immédiat, nous pensons que l’idée d’avoir de nouveaux panneaux lumineux d’information doit être repoussée.
Pourtant, si des économies doivent être faites, il faut qu’elles soient l’objet d’une concertation et d’une information, ce n’est pas ce que l’on constate dans certains quartiers où l’éclairage public est coupé la nuit sans qu’on demande aux intéressé.e.s ni qu’on sache pourquoi.
Au-delà de la municipalité elle-même, il y a un effort général à demander aux uns et aux autres, notamment aux commerçants pour éteindre les enseignes lumineuses dès que leur magasin est fermé.
À plus long terme, le gaz le moins cher est celui qu’on ne dépense pas.
Aussi, la priorité doit-elle être de mieux isoler les bâtiments. C’est bon pour les économies et pour l’écologie. C’est ce que réclament à cor et à cris les locataires de Bondy-centre sans être entendus par Bondy habitat.
La question vaut aussi pour l’électricité et ce n’est pas un sujet pour uniquement passer l’hiver, mais pour les 30 ans à venir.
Aussi, à Bondy, la municipalité ou les bailleurs pourraient utiliser les terrasses pour produire de l’électricité grâce à des panneaux solaires.
D’autres pistes pourraient être envisagées, et nous aimerions savoir si la municipalité et les différents bailleurs sociaux ont sollicité l’ADEME et le Fonds Chaleur pour obtenir le financement des études de faisabilité dans la production de chaleur renouvelable.
Le SIGEIF qui regroupe la commande du gaz pour la commune annonce que les fournisseurs proposent actuellement des prix qui feraient passer notre tarif de 16 à 167 euros le Mwh, soit une hausse de 1 000 % à partir de janvier 2023.
Qu’en est-il ? Quel est le coût actuel du chauffage pour la commune ? De combien augmenterait-il ?
Qu’en est-il du bouclier tarifaire ? La commune peut-elle en bénéficier ?
Les bâtiments de Bondy-nord qui sont chauffés par Coriance ont sans doute déjà vu leur tarif doubler, si l’on considère les informations émanant de Bondy Habitat.
Nous sommes inquiets parce que cela risque aussi d’aboutir à une réduction du service public aux Bondynois.es et augmenter les expulsions.
Au-delà du budget communal, la situation est très préoccupante pour nos concitoyen.ne.s qui subissent une forte augmentation de l’inflation alors que leurs salaires ne la compensent pas. L’appauvrissement qui est à craindre va lui aussi nécessiter un bouclier social.
Quelles sont les actions que vous comptez entreprendre pour aider vos concitoyens ?
Pour notre part nous renouvelons notre proposition de cantine gratuite, qui permettrait de garantir un repas équilibré à chaque enfant chaque jour d’école.
C’est aussi un important moyen de socialisation essentiel à l’école, reconnu par toutes les études.
D'une façon plus générale, nous souhaitons une information complète sur la situation financière de la ville. Si vous contestez la "mise sous tutelle", vous ne pouvez nier que la fin d'année laisse craindre un déficit important. Comment envisagez-vous la suite ? Quelle réorganisation des dépenses peut être faite ? Quelles mobilisations peuvent permettre à la ville d'obtenir les fonds dont elle a besoin ?
Nous sommes disponibles pour vous rencontrer et échanger sur ces sujets.
Le Directeur Général des services a adressé à la mi-octobre une lettre aux services municipaux leur demandant d’annuler toutes les dépenses qui pouvaient l’être d’ici la fin 2022.
Cela aura des conséquences sur les initiatives culturelles et sportives de cette fin d’année mais aussi sur le bon fonctionnement des services en général : ni heure supplémentaire ni recrutement ne doivent avoir lieu.
On voit mal cependant pourquoi le « rétrécissement des offres de crédit » y est cité puisqu’il s’agit surtout de dépenses de fonctionnement alors que les emprunts ne peuvent financer que l’investissement.
Surtout, nous aurions aimé qu’une information municipale soit fournie aux habitants pour les éclairer sur les raisons de ces difficultés. Les Bondynois.es sont des citoyen.ne.s et pas des PlayMobils ! Nous avons le droit de savoir quelle est la situation exacte de notre commune.
Néanmoins ces difficultés amènent à réfléchir aux baisses des impôts décidées par Macron et aux baisses de dotations accordées aux villes depuis plusieurs années : la décentralisation ne s’accompagne pas des dotations suffisantes aux collectivités locales. Cela peut aboutir alors à dégarnir les services publics par l’État en faisant assumer ce rôle par les collectivités.
Prenons l’exemple du pont de la gare : sa réfection coûterait entre 5 et 8 millions d’euros. La ville ne peut tout simplement pas le payer. Faut-il continuer à faire traverser les usagers du bus à pied ? Ou bien exiger de la Société du Grand Paris ou de l’État les dotations nécessaires pour la reconstruction du pont ?
Surtout, la pénurie de moyens doit mener à une autre répartition des richesses : comme l’exigent les salariés, il est temps de remettre l’économie sur ses pieds et de rémunérer le travail plus que le capital.
Parions que cette proposition ne sera pas examinée par M. le maire.