Qui aurait pu prédire qu’il fasse aussi chaud ? Les scientifiques le disent depuis des décennies. Mais les locataires aussi le disaient quand ils réclamaient des volets. Pourtant, cela n’a pas été fait. Le pouvoir (la mairie et les bailleurs sociaux) ont attendu que cela devienne incontournable. Face à une canicule qui s’aggrave, il faut accélérer une politique écologique durable dans la ville, comme nous le réclamons depuis des années : reboiser les trottoirs et les places publiques, dégoudronner et revégétaliser les cours d’école, végétaliser les toits, améliorer la ventilation là où ce n’est pas le cas. En dernier recours, il faut aussi climatiser des espaces publics, particulièrement quand ils accueillent des publics fragiles comme le Centre Médical de Santé et les écoles.
700 millions de dollars pour le charbon aux États-Unis (603 millions d’euros). Tel est le montant du cadeau à l’industrie fossile annoncé jeudi 4 juin par le président Donald Trump. Ce plan prévoit la modernisation des 14 centrales et 42 mines existantes, la construction de deux nouvelles centrales en Virginie occidentale et en Alaska, ainsi que la création d’un terminal maritime à Oakland (Californie) destiné notamment à l’exportation du charbon.
Objectif affiché, faire face à l’augmentation de 50 % du prix de pétrole causée par la fermeture du détroit d’Ormuz, où transitent 20 % du pétrole et du gaz mondial. Une fermeture directement liée à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Cette annonce suscite de fortes critiques chez les opposants au président étasunien. « Consacrer 700 millions de dollars à une source d’énergie sale et inefficace favorise les pollueurs au détriment des Américains, alors que l’on traverse une crise énergétique provoquée par Trump », a ainsi réagi la Coalition parlementaire SEEC, un groupe d’élus démocrates favorables aux énergies renouvelables.
Le charbon est la source d’énergie fossile la plus néfaste pour le climat. Il ne fournissait plus que 20 % de l’électricité produite aux États-Unis en 2022, mais il représentait encore 55 % des émissions de CO2 du secteur de la production d’électricité. Sa consommation avait atteint un point bas en 2024, avant de rebondir en 2025. D’après une étude publiée en novembre 2023 dans la revue Science, la pollution atmosphérique causée par les centrales à charbon étasuniennes aurait causé 460 000 décès prématurés entre 1999 et 2020.
Un projet de construction du plus grand centre de données d’Europe, Campus IA, menace 70 hectares de terres agricoles à Fouju (Seine-et-Marne), une commune de 650 habitants. Comme ailleurs en France, des résistances citoyennes font face aux périls pour le vivant que représente l’arrivée de ces infrastructures.
« D’ici jusqu’à l’autoroute et la décharge, il faut imaginer des bâtiments de 25 mètres de haut, qui vrombissent toute la journée, explique Jean-Noël Péché, en pointant du doigt l’étendue du projet depuis son camion. C’est 70 hectares, c’est immense ! » Installé depuis dix ans dans la commune de 650 habitants de Fouju (Seine-et-Marne), cet apiculteur décrit son nouveau voisin : Campus IA, futur plus grand data center d’Europe.
Pour qu’il voie le jour, 50 milliards d’euros ont été investis par le fonds souverain des Émirats arabes unis, MGX, la Banque publique d’investissement (BPI), le leader mondial des puces de calcul Nvidia et la start-up française Mistral AI. Vanté par Emmanuel Macron lors de la 8e édition du sommet Choose France, en mai 2025, ce projet est la figure de proue de sa politique visant à faire de la France une terre d’accueil pour les data centers. Sauf qu’à Fouju les centres de données géants ne font pas autant rêver qu’à l’Élysée. À l’occasion de l’ouverture de l’enquête publique concernant le projet, mercredi 13 mai, différentes organisations s’y opposant ont appelé à un rassemblement.
Une quarantaine de militants, de riverains et de journalistes étaient réunis à deux pas de la mairie pour alerter sur les dommages sociaux et environnementaux du Campus IA. « Les citoyens concernés par le projet sont soumis à la raison d’État et ne sont pas considérés, clame Jean-François Dupont, représentant de France Nature Environnement. On est en train de sacrifier une bande de nature contre des compensations paysagères. »
Un projet hors normes et polluant
Car si l’on parle de « cloud » pour désigner l’ensemble des données numériques, leur stockage n’a pas la légèreté de la vapeur d’eau. L’étude préliminaire réalisée par la Mission régionale d’autorité environnementale (Mrae) souligne les « caractéristiques hors normes, notamment en termes de consommations énergétiques, d’empreinte carbone et de consommations foncières » du projet. Outre les 90 hectares de terrain occupés, dont 70 devront être artificialisés, les onze bâtiments qui formeront le complexe auront une puissance de près de 850 MW, équivalant à la consommation annuelle moyenne de 200 000 foyers.
Bien que les aficionados des data centers ne manquent jamais d’invoquer la décarbonation de l’électricité française pour justifier la durabilité de leurs projets, l’empreinte carbone de Campus IA est estimée à plus de 700 000 tonnes d’équivalent CO2 par an, soit deux fois plus que celle de toute la communauté de communes Brie des Rivières et Châteaux.
Le projet serait également polluant du fait de son utilisation de produits toxiques. Les 613 groupes électrogènes de secours fonctionneront aux huiles végétales hydrotraitées (HVO), dont la combustion pourrait entraîner, selon la Mrae, une exposition des travailleurs au dioxyde d’azote dépassant les valeurs seuils de l’OMS, tandis que le fluide prévu pour refroidir les unités de calcul, le R-1234ze, est un Pfas, un « polluant éternel » dont la dégradation dans l’air endommage les écosystèmes. Les fuites pourraient atteindre 15 tonnes par an, intoxiquant durablement l’air et l’eau de la région.
De plus en plus tôt. La France a atteint, le 24 avril, son « jour du dépassement ». Il s’agit du moment symbolique à partir duquel l’humanité aurait épuisé les ressources naturelles que la planète peut renouveler, si le monde entier vivait comme les habitants de ce pays.
Le jour du dépassement est calculé chaque année par le Global Footprint Network. Celui-ci note que la planète dispose d’environ 1,48 hectare global par personne pour produire des ressources et absorber nos déchets. Or un Français en consomme plus du double.
Donc « si toute l’humanité vivait comme les Français, nous aurions déjà consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an », résume le WWF France dans un communiqué.
La France est tristement en avance sur les autres pays. En cause : la forte empreinte agricole et alimentaire du pays, ou encore sa dépendance aux importations, relève le journal Le Monde. Le jour du dépassement sera atteint en Italie le 3 mai, le 10 mai en Allemagne, le 22 mai au Royaume-Uni et le 4 juin en Espagne, selon les calculs du Global Footprint Network. « La France se classe parmi les pays les plus consommateurs de ressources planétaires », déplore le WWF France.
Et cela ne risque pas de s’améliorer. Le WWF France rappelle que certains choix politiques, comme le projet de loi d’urgence agricole qui sera examiné en mai par les députés, risquent d’aggraver la pression sur l’eau, en multipliant les retenues d’eau pour l’irrigation agricole. L’ONG appelle ainsi à engager « une transformation profonde de notre modèle de production et de consommation ».