Vendredi 23 mai, 13 activistes d’Attac et d’Extinction Rebellion sont convoqué·es au tribunal de Bobigny suite à une action contre les jets privés à l’aéroport du Bourget. Fait inédit pour notre association, notre porte-parole Lou Chesné en fait partie, aux côtés de Jean-François Guillon, également membre du bureau d’Attac France. Sur place ou à distance, nous comptons sur votre soutien !
« Vendredi 23 mai à 13h nous passerons en procès au tribunal de Bobigny avec des activistes d’Extinction Rebellion pour une action contre les jets privés en septembre 2023. Ce procès, comme les nombreux autres qui touchent les activistes climatiques, témoignent de l’inversion des responsabilités : nous sommes réprimé·es pour tenter d’alerter sur l’urgence et le caractère irréversible de la crise écologique alors que les criminels climatiques qui brûlent des milliers de tonnes de carbone ne sont jamais inquiétés. En particulier, c’est la première fois dans l’histoire d’Attac qu’une de ses porte-parole est convoquée devant le tribunal simplement pour avoir porté nos revendications dans le cadre d’une action de désobéissance civile. »
Lou Chesné, porte-parole d’Attac France & Jean-François Guillon, membre du bureau d’Attac France
Pour les soutenir :
Nous vous proposons un kit de soutien avec des messages et visuels pour rendre visible notre mobilisation contre les jets privés, à partager toute la journée du 23 mai, avec un temps fort à 13h00 (heure de la convocation). Nous vous invitons également à prendre une photo avec le message de soutien (2 modèles A4 à imprimer) et à nous la renvoyer avant lundi 19/05, nous ferons un montage de toutes les photos de soutien qui sera diffusé sur les réseaux sociaux.
Nous lançons un appel à dons pour financer les frais juridiques, soutenir les activistes et poursuivre notre mobilisation. Quel que soit le montant, chaque soutien compte... Merci !
En Île-de-France, vous pouvez également les soutenir :
> par votre présence dans la salle d’audience le jour même. RDV à partir de 12h30 devant le tribunal (convocation à 13h00). Adresse : 173, Avenue Paul Vaillant Couturier 93008 BOBIGNY Cedex.
> à la soirée de soutien revendicative et festive, aux Amarres (24 Quai d’Austerlitz, 75013 Paris) à partir de 18h30. Au programme : des stands, une expo, des jeux d’éducation populaire et des interventions de : Attac, Extinction Rebellion, Rester sur Terre, les activistes et les avocats de retour du procès ainsi que un-e activiste de Carnage Total (de retour des actions lors de l’AG de Total). Puis soirée festive : blind test live avec Piki Piki et set de DJ Chulanza.
📕 24 mai : Présentation de « L’énergie est notre avenir, socialisons-la ! » à la fête du CL 19/20
Le nouveau livre d’Attac,
« L’énergie est notre avenir, socialisons-la ! », sera présenté lors de la fête d’Attac 19/20 le samedi 24 mai, à l’occasion d’un débat avec Lou Chesné et Gabriel Delaplace, co-autrice et co-auteur du livre, de 15h à 17h au Baranoux, 78, rue Compans, 75019 Paris (métro Botzaris ou Place des Fêtes).
🌸 31 mai : Grande fête du printemps des services publics
Village des services publics - 13h à 17h - place Stalingrad. Stands, jeux engagés, animations, ateliers-débats : Paris en lutte pour les services publics !
Carnaval des services publics - départ à 17h - place Stalingrad. Avec Les Rosies, fanfare.
Soirée des services publics - 17h à 02h - Point Ephémère (Quai de Valmy). Cérémonie de remise des Feignasses d’or 2025 du service public , concerts, DJ set, avec La Belle Rouge, Florence Mendez, Lémofil, Mathilde, Vin’s, Planète Boum Boum, Imazuré...
Scandalisées par la contamination au mercure du thon en boîte, des mères de quartiers populaires ont fondé le collectif Mamans pour le climat. Elles exigent que ce poisson soit davantage contrôlé par la grande distribution.
« Tout a commencé dans cette pièce », se souvient Samira, sourire aux lèvres. C’est ici, à l’École populaire du climat de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), qu’elle a rencontré Samia, Fatima, Coumba, Soraya, et Maimouna. Ensemble, elles ont décidé de s’attaquer à la grande distribution.
Le déclic est survenu pour elles lors d’une intervention de Claire Nouvian, fondatrice et directrice générale de l’association Bloom, lors d’une formation dédiée aux mères à Banlieues Climat, en novembre 2024. Elle y dénonçait la présence alarmante de mercure dans le thon en conserve. Dans un rapport sorti en octobre 2024, l’association a révélé la présence excessive dans ces conserves de mercure, métal considéré comme l’une des dix substances les plus préoccupantes au monde, selon l’Organisation mondiale de la santé.
« On était loin de savoir que le poisson que l’on consommait le plus était aussi nocif pour notre santé, mais surtout pour celle de nos enfants », se souvient Coumba. Le soir-même, elle s’est filmée en train de jeter les sept conserves de thon présentes dans son placard. Le mouvement #BalanceTonThon était lancé. « Il ne fallait pas attendre, il fallait agir et écouter les scientifiques. Alors j’ai suivi Coumba et j’ai jeté les onze conserves de thon de mon placard. Mes enfants n’ont pas compris ce que je faisais », ajoute Maimouna d’un ton doux-amer.
Choquées mais déterminées, elles ont alors décidé de fonder toutes les six, accompagnées de deux autres mères absentes lors de notre rencontre à Saint-Ouen, le collectif Mamans pour le climat. Si certaines ne se connaissaient pas avant la formation, leur combat est le même : dénoncer le silence de la grande distribution, qui continue de vendre ces conserves sans alerter les consommateurs.
« On n’abandonnera pas »
Pour pouvoir agir, il a d’abord fallu discuter. Elles se sont ainsi retrouvé plusieurs soirs par semaine, après avoir couché leurs enfants — parfois pas avant 23 heures — pour élaborer un plan d’action et contacter Michel-Édouard Leclerc. En effet, le PDG de la chaîne de supermarchés du même nom s’était engagé en octobre, lors d’un entretien à « Télématin », à examiner de très près ces cas de contamination de conserves de thon. « Mais rien n’a été fait », signale Coumba. Alors les six femmes, soutenue par Banlieues Climat, lui ont écrit en mars une lettre lui demandant d’agir, d’échanger et de lutter ensemble contre le mercure. « Leclerc est la plus grande chaine de la grande distribution. Si le PDG agit, les autres suivront », espère-t-elle
Mais la discussion est restée fermée. Si Michel-Édouard Leclerc n’a pas répondu, il a transféré la lettre à la préfecture du Val-de-Marne pour les intimider. Un épisode marquant pour les Mamans. « Le préfet m’a téléphoné. Il avait la lettre que nous avions écrite et il voulait comprendre notre démarche. Je lui ai expliqué. Il m’a rappelée le lendemain pour me demander mon identité », dévoile Coumba, qui avait laissé son numéro sur la lettre pour être contactée par le PDG du groupe E.Leclerc.
« Même si on cherche à nous intimider, on n’abandonnera pas », lance Soraya en touchant l’épaule de son amie. « Nos voix de banlieues ne sont jamais portées, on ne s’arrêtera pas là », renchérit Samia, pour qui ce combat est très symbolique. Si elle a rejoint l’aventure, c’est grâce à Féris Barkat, cofondateur de Banlieues Climat — mais surtout fils de sa meilleure amie, disparue il y a bientôt deux ans. « Au début, j’étais dubitative, mais je suis très heureuse d’y participer aujourd’hui. J’ai trouvé une nouvelle famille et de nouveaux soutiens », confie-t-elle, la voix tremblante.
Comment traiter une information positive en rapport avec l'écologie et la santé... mais aussi très politique puisque directement liée, d'après son émetteur, à des mesures restrictives à tous les niveaux ? La question est posée par l'association d'examen du traitement du climat et de l'écologie par les médias Quota climat, suite à la diffusion du rapport annuel de l'association (financée par les pouvoirs publics) Airparif à propos de la pollution de l'air en Île-de-France.
Pris sur le temps long, l'évolution de la qualité de l'air est en effet rien moins que spectaculaire. "Depuis 2005, les concentrations des deux principaux polluants réglementés pour leurs effets sur la santé – les particules fines (PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO₂) – ont diminué respectivement de 55 % et 50 %", écrit en effet Airparif. "Le nombre de décès prématurés liés à la pollution de l’air a diminué d’un tiers entre 2010 et 2019", poursuit l'organisme. Par quoi s'explique cette baisse ? "L’impact combiné des politiques européennes, nationales et locales en matière de mobilité, de chauffage, d’énergie et d’environnement", répond Airparif.
Quota climat relève que la presse internationale a jugé l'information suffisamment intéressante pour la relayer. "Paris a dit au revoir aux voitures. Les cartes de la pollution de l'air révèlent un changement dramatique", titre le Washington Post aux États-Unis, tandis que le magazine des affaires Fast Company choisit : "La pollution de l'air à Paris en baisse de 50 % après sa transformation radicale favorable aux vélos". Outre-Rhin, le quotidienSüddeutsche Zeitung propose "Si propre est l'air parisien", mentionnant les politiques publiques comme principale raison dès le sous-titre – tout comme le magazine espagnol Cambio 16. Le quotidien suisse-allemand Tages-Anzeiger estime qu'une "politique urbaine radicale porte ses fruits". Et le site belge 7sur7 titre "Paris se passe de la voiture, et les cartes de la pollution montrent un changement spectaculaire".
En France, la couverture médiatique du rapport d'Airparif a été plus importante que ce que laisse entendre Quota climat en listant "une dépêche AFP" et "une poignée d'articles saluant les progrès". Le journal de 20 heures de France 2 y a en effet consacré une séquence – et les médias de service public ont largement couvert l'information –, BFMTV et le Monde ont repris la dépêche AFP tandis que TF1, le Figaro et l'Humanité publiaient des articles de la rédaction.
L'association d'examen des médias sur le plan écologique affirme aussi que "très peu lient frontalement ce résultat à la place de la voiture en ville". Une lecture attentive des articles concernés ne confirme pas vraiment l'affirmation, tous ou presque évoquant les politiques publiques et la régulation sévère à tous les niveaux ayant permis de parvenir à ce résultat.
Certains articles sont même particulièrement complets. Celui du service "sciences" du Figaro n'hésite ainsi pas à froisser son lectorat (en témoignent les commentaires) en rappelant, selon l'ingénieur d'Airparif Antoine Trouche : "Entre 2017 et 2023, dans le périmètre de la ZFE, les émissions de dioxyde d’azote dues au trafic routier ont baissé de 42 %, dont 6 points sont attribuables à cette ZFE." L'article n'oublie pas non plus, contrairement à la plupart des médias, que "5 % des foyers en Île-de-France se chauffent au bois et sont responsables à eux seuls de près la moitié des particules fines émises directement".
Alors, rien à reprocher aux médias français ? En réalité, une recension plus attentive de la manière dont ces contenus sont titrés confirme en effet que les chefferies n'ont pas vraiment voulu mettre l'accent sur l'efficacité des politiques (écologistes et de gauche) ayant mené à l'amélioration de l'air parisien. Certains se contentent d'un sobre "la pollution de l'air en baisse", le Figaro de "la qualité de l'air continue de s'améliorer", et au mieux, l'on peut lire "la pollution de l'air divisée par deux en 20 ans". Nulle politique publique, éviction de l'automobile ou normes antipollution rigoureuses à l'horizon.
Autre constat : l'information n'a pas été mise en avant autant qu'on pourrait le penser au regard de son importance pour la santé des millions de Français vivant dans de grandes villes. En la matière, l'exemple le plus parlant est probablement celui du Parisien. Si le quotidien a ainsi consacré une pleine page au sujet dans ses cahiers locaux en Île-de-France, il n'en a pas touché un mot dans son édition nationale Aujourd'hui en France. Comme si la diminution de la pollution de l'air à Paris, et l'efficacité de la diminution de la place de l'automobile en ville, ne concernaient que les Parisiens.
14 personnes sinistrées climatiques et associations, dont les organisations de l’Affaire du Siècle, ont lancé le 8 avril une action en justice inédite contre l’État français. Elles l’accusent de manquer à son obligation de protéger tous·tes les citoyen·nes face aux conséquences du changement climatique, notamment dans le domaine de l’eau avec les inondations et les sécheresses.
Les inondations, les canicules, les problèmes d’accès à l’eau… se multiplient et s’aggravent, les sinistré·es sont de plus en plus nombreux·ses et les inégalités sociales face au changement climatique continuent d’être ignorées. Certain·es d’entre nous sont d’autant plus impacté·es car en situation de handicap, habitant·es de quartiers populaires et territoires ultra-marins, gens du voyage, paysan·nes. Face à ça, l’Etat ne suit pas : l’arsenal législatif est insuffisant, les assurances arrêtent d’assurer et les collectivités sont abandonnées. Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), publié en mars dernier, est une énième déception : manque de financement et d’ambition, absence de contraignance et non prise en compte des vulnérabilités sociales. Pourtant, L’Etat a la responsabilité de nous protéger contre les effets du changement climatique. En tardant à mettre en place des solutions concrètes de prévention et de protection face aux risques climatiques, pourtant existantes et bien connues, il nous met en danger et ne respecte plus nos droits fondamentaux.
C’est pourquoi nous, citoyen·nes déjà impacté·es par le dérèglement climatique et associations, unissons nos forces. Nous sommes 14 demandeur·euses de toute la France à amener l’Etat devant le Conseil d’Etat : Marie, Jérôme, Jean-Jacques, Jean-Raoul, Salma, Mohamed de l’Association Urgence Maisons Fissurées, Salim de Locataires Ensemble, Rania de Ghett’up, Racha de Mayotte A Soif, Evelyne et Florent du Mouvement Inter-Régional des AMAP, William de l’Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens, ainsi que les organisations de l’Affaire du Siècle, Notre Affaire À Tous, Greenpeace France et Oxfam France.
La France vulnérable et toujours sans stratégie d’adaptation efficace
En France, les effets du changement climatique sont déjà là : près de 2 personnes sur 3 sont fortement exposées aux risques climatiques, un quart de la population vit en zone inondable, et la moitié des maisons individuelles sont menacées de se fissurer à cause du phénomène de retrait-gonflement des argiles. Pourtant, le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), dévoilé par le gouvernement en mars 2025, est largement insuffisant. Sans financement dédié, sans cadre contraignant, et sans suivi rigoureux, ce plan manque de mesures concrètes en matière de prévention et de gestion des risques, ne prend pas en compte les inégalités sociales et territoriales face aux conséquences du changement climatique et ne garantit donc pas la protection de toute la population face aux impacts inévitables et croissants du dérèglement climatique.
Les sinistré·es climatiques au cœur d’un recours inédit dans l’UE
Pour la première fois dans un pays de l’Union européenne, des citoyen·nes directement touché·es par les impacts du changement climatique attaquent leur État sur les enjeux d’adaptation.
Ce recours inédit est porté par des personnes sinistrées de toute la France qui font face à différents problèmes induits directement par le changement climatique : maisons fissurées à cause du retrait-gonflement des argiles, problèmes d’accès à l’eau, canicules, inondations, pertes agricoles. Certain·es des sinistré·es cumulent les inégalités face aux impacts du changement climatique et sont d’autant plus impacté·es car en situation de handicap, atteint·es de maladies chroniques ou encore issu·es de quartiers populaires, de territoires ultra-marins ou des communautés des gens du voyage. Ces personnes, leurs associations et les organisations de l’Affaire du Siècle, ont décidé d’agir en engageant une action en justice contre l’Etat français qui ne les protège pas suffisamment contre ces risques climatiques, pour l’obliger à agir.
« À chaque fois qu’il pleut, c’est l’angoisse ! Puisque rien n’a changé, on se dit qu’on va à nouveau revivre ce cauchemar… » témoigne Jérôme Sergent, dont la ferme située à Rumilly dans le Pas-de-Calais, a été inondée huit fois en quatre mois entre novembre 2023 et mars 2024.
« Être pauvre à Mayotte, ce n’est pas seulement vivre sous le seuil de pauvreté comme 77 % de la population, c’est aussi travailler dur pour avoir les moyens d’acheter de l’eau potable… mais c’est surtout souffrir de la soif, parce que les rayons sont vides et que nos robinets sont à secs » témoigne Racha Mousdikoudine, qui a subi de nombreuses coupures d’eau potable à Mayotte.
Les expériences concrètes des sinistré·es révèlent de nombreuses atteintes aux droits fondamentaux : droit à la vie, droit à la santé, droit au logement. Les demandeur·euses exigent que l’État soit contraint à adopter des mesures concrètes et ambitieuses de prévention et de protection et que celles-ci prennent en compte les vulnérabilités de certaines catégories de la population (personnes précaires, atteintes de maladie ou de handicap, personnes marginalisées à cause de leur genre, de leur origine, de leur classe sociale ou de leur âge) et de certains territoires comme les territoires ultra-marins ou les quartiers populaires, fortement négligés dans les stratégies d’adaptation.
Les demandeur·euses portent la voix de celles et ceux qui subissent au quotidien les conséquences du changement climatique et revendiquent leur droit à vivre dans un pays qui protège la vie, la santé, la sécurité et le bien-être de ses habitant·es. Alors que l’urgence climatique impose des actions fortes, ce recours rappelle une vérité fondamentale : l’État a le devoir de protéger ses citoyen·nes. S’il ne prend pas les mesures nécessaires, il engage sa responsabilité devant la justice.
Les bases juridiques du recours déposé devant le Conseil d’État
Portée devant le Conseil d’État, cette action en justice ne vise pas à obtenir d’indemnisations personnelles pour les sinistré·es mais à obliger l’Etat à renforcer ses politiques d’adaptation et à prendre des mesures concrètes et efficaces pour protéger et soutenir toute la population face aux risques climatiques. Elle repose sur un recours pour excès de pouvoir qui permet de contester la légalité d’un acte administratif, en l’occurrence le PNACC-3, jugé insuffisant.
Le recours s’appuie notamment sur l’obligation générale d’adaptation au changement climatique à la charge de l’État, déduite des textes constitutionnels, en particulier la Charte de l’environnement, et confortée par le droit international, le droit du Conseil de l’Europe et le droit européen. Il fait la démonstration détaillée des lacunes du PNACC-3 et des politiques sectorielles associées, notamment en matière de gestion des inondations, de lutte contre les effets du phénomène de retrait-gonflement des argiles, de sécurisation de l’accès à l’eau, de protection contre les vagues de chaleur ou encore des pertes agricoles.
Les organisations de l’Affaire du Siècle – Notre Affaire à Tous, Greenpeace France et Oxfam France – sont parties prenantes du recours et apportent aux sinistré·es un accompagnement juridique, leurs expertises ainsi qu’une visibilisation importante de leurs témoignages et enjeux.
Le plan national d’adaptation au changement climatique, attendu depuis deux ans, a enfin été dévoilé avec comme horizon alarmant une France à +4 °C en 2100. Résultat : des mirages budgétaires et une litanie de mesures qui invisibilise les populations les plus vulnérables.
L’urgence n’a pas la même saveur, selon qu’on est dans les bureaux des ministères, qu’on vit dans les bidonvilles de Mayotte ou dans des logements sociaux de Marseille. Ces injustices sociales sont pourtant absentes du tant attendu troisième plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc) présenté le 10 mars par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher. L’objectif est limpide et effrayant : préparer la France à une augmentation des températures de 2,7 °C d’ici à 2050 et de 4 °C d’ici à 2100.
Depuis deux ans, nous entendons à bas bruit que la France doit se tenir prête à un horizon à +4 °C. Depuis deux ans, nous attendons que des décisions radicales soient prises pour l’éviter ou, du moins, pour y faire face. En effet, après avoir été le « défi du siècle », selon les propres termes d’Emmanuel Macron, la transition écologique a disparu de l’agenda politique, et est même devenue une variable d’ajustement budgétaire.
Initialement prévu pour fin 2023, puis avril 2024, le Pnacc3 a ensuite été victime de la crise politique liée à la dissolution de l’Assemblée nationale puis aux élections législatives. Ce texte a déjà connu trois premiers ministres ! C’est Michel Barnier qui l’a repris et présenté à l’automne avant de le soumettre à une consultation publique qui a recueilli 6 000 contributions en deux mois !
Or, une France à +4 °C signifie surtout une avalanche d’instabilités et d’incertitudes : moins de deux mois d’enneigement sur les montagnes, dix fois plus de jours de vague de chaleur, jusqu’à deux mois supplémentaires de sécheresse… Mais pas dans toutes les régions de manière uniforme, pas tous les ans, rendant l’anticipation et l’adaptation encore plus difficiles. Sans compter les effets sur la santé, le quotidien des personnes les plus vulnérables. Alors, est-ce le plan de la résignation ou de la lucidité ?