L’association Vers un réseau d’achat en commun veut démocratiser l’accès à une alimentation de qualité par des groupements d’achats dans les quartiers populaires et des évènements organisés avec et pour les habitant·e·s. L’occasion d’aller au-delà des clichés.
Ne soyons pas prisonniers des schémas de production habituels : il existe d’autres formes de production.
Ainsi, les salariés de la coopérative 1336 ont repris leur outil de travail et produisent les thés et infusions de l’ancienne usine “Eléphant” sous la marque 1336. C’est le nombre de jours de grève qu’ils ont dû faire pour arriver à ce que leur patron cède. Ils ont gagné contre la multinationale Unilever et désormais les ouvriers décident eux-mêmes dans leur usine. Et ça marche ! Un modèle à encourager en achetant leurs produits directement sur leur site ou dans les magasins qui les distribuent ! L’adresse : https://www.1336.fr/
Ailleurs aussi dans le monde, cette autogestion est bien vivante. Les paysans zapatistes du Mexique se sont aussi pris en main et proposent leur café, en grains ou moulu, à 4 euros les 250 grammes. Cela mérite d’être soutenu. Des militants de Bondy autrement relaient leur vente mais vous pouvez aussi les trouver notamment à la librairie Quilombo au 23 rue Voltaire à Paris 11ème.
Les aliments estampillés « haute valeur environnementale » (HVE) ne garantissent aucunement l’absence de pesticides mais bénéficient de subventions publiques massives et sont de plus en plus présents dans les cantines scolaires.
L’argent public est-il correctement et efficacement dépensé pour favoriser la transition écologique dans l’agriculture, et enfin mettre un terme à la pollution massive des sols et des eaux par les pesticides ? La politique actuelle en la matière laisse... perplexe. Loïc Madeline est producteur bio en polyculture-élevage en Normandie. Il ne recourt donc pas aux produits chimiques de synthèse. Il milite également à la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) où il suit les questions relatives à la politique agricole commune (PAC). Il bataille depuis des mois pour que les agricultrices et agriculteurs en bio soient rémunérés pour les services environnementaux qu’ils rendent en n’épandant pas de produits toxiques. Ils et elles contribuent ainsi à ne pas dégrader la qualité de l’eau ou la biodiversité, ni à faire proliférer les algues vertes. Soutenir ces pratiques vertueuses était « une promesse d’Emmanuel Macron quand il s’est fait élire en 2017 », rappelle l’agriculteur.
L’enveloppe promise est finalement restée lettre morte. « À la place, ils ont proposé que la bio perçoive des aides de la PAC dans le cadre des écorégimes [les financements qui visent à accompagner les agriculteurs dans la transition agroécologique, ndlr], à la même hauteur que la HVE », la certification dite « haute valeur environnementale », créée en France en 2011. Or, cette certification est vivement critiquée pour son opacité et son inutilité. Exploitations bio comme HVE auraient donc reçu 80 euros par hectare, malgré des pratiques et des efforts très différents en matière de préservation de l’environnement et de non-pollution.
« C’était scandaleux ! Le gouvernement nous avait toujours dit que nous ne serions pas au même niveau que la HVE », juge Loïc Madeline. Un bras de fer s’engage alors. Le gouvernement finit par concéder cet été la création d’un échelon supérieur d’aides pour la bio. « On revient de loin, car la FNSEA (le syndicat majoritaire) voulait 1 euro symbolique de différence entre le HVE et la bio ! On a obtenu 30 euros de plus à l’hectare – soit 110 euros par hectare –, mais cette différence est loin d’être suffisante. Jamais on n’aurait imaginé que la HVE puisse concurrencer notre certification bio. »
Un projet d’agrandissement d’une zone d’activité menace 86 hectares de terres fertiles dans le Vaucluse. En lutte contre la bétonisation, les opposants dénoncent les potentiels conflits d’intérêts du maire et les intimidations qu’ils subissent.
« C’est Byzance ! » Chaussures de randonnée aux pieds et sourire aux lèvres, Nicolas n’en revient pas de la qualité du sol qu’il arpente avec aisance, malgré les tranchées qui sillonnent la terre. Un terrain situé en bordure de Pertuis, commune de près de 20 000 habitants nichée au sud-est du Vaucluse, à une cinquantaine de kilomètres de Marseille. « Cette ancienne prairie n’a jamais reçu d’intrants et est particulièrement fertile », s’enthousiasme le jeune paysan. Au milieu des calcaires arides, la zone bénéficie notamment d’un avantage de taille : elle est parcourue de canaux du 19e siècle qui lui assurent une irrigation optimale. Alors que la parcelle n’a pas été entretenue depuis l’été, quelques pieds de tomates ont survécu au cagnard et les blettes se portent bien.
Pour combien de temps encore ? À Pertuis, un projet d’extension de la zone d’activité qui jouxte le site menace d’engloutir sous le béton 86 hectares de terres fertiles, pour la plupart cultivées. Une aberration écologique face à laquelle de nombreux militants se sont dressés jusqu’à investir la zone en novembre 2021, occupant quatre maisons vacantes, construisant des cabanes et entretenant un verger sur ce qu’ils ont nommé la ZAP, pour « zone à patates ». Pas du goût de la préfecture du Vaucluse, qui a ordonné son expulsion : le 28 juin, les lieux ont été évacués sans ménagement et les maisons murées, avant d’être démolies [1]. Propriétés de l’établissement public foncier (EPF) de Provence-Alpes-Côte d’Azur, les terres ont été acquises grâce à la création d’une réserve foncière sur la zone, déclarée d’utilité publique en juin 2020. Depuis, à Pertuis, l’EPF est autorisé à acquérir, à l’amiable ou par voie d’expropriation, les terrains d’une centaine de propriétaires. À la manœuvre du projet, Roger Pellenc, maire divers droite de Pertuis et influent industriel local, que les opposants soupçonnent de vouloir « faire passer ses intérêts particuliers pour de l’intérêt général ».
Le projet d’un « seigneur local »
À l’époque, pour justifier la déclaration d’utilité publique, la préfecture du Vaucluse avait sorti la carte de la présence, à une trentaine de kilomètres de Pertuis, du chantier du réacteur thermonucléaire expérimental Iter. Raison invoquée : le besoin d’espace pour les sous-traitants de ce projet pharaonique. Mais Sébastien Barles, adjoint Europe Écologie-Les Verts à la mairie de Marseille et conseiller métropolitain, opposé au projet, est catégorique : « C’est un alibi, du flan. Iter a du plomb dans l’aile et lorsqu’on interroge les entreprises soi-disant concernées, certaines ne connaissent même pas l’existence du projet. » Contacté, le service communication d’Iter n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Plus d’un million de sapins sont produits chaque année dans le Morvan. Avec son lot de pesticides. « Oui il faut garder et créer des emplois, mais pas à n’importe quel prix », alerte Muriel André-Petident, du collectif d’habitants du Morvan.
En achetant un sapin de Noël, vous détruisez un peu de prairies, un peu de forêts, un peu d’eau, un peu du Morvan. Depuis le début de l’industrialisation, il y a plus d’un siècle, le Morvan subit un pillage de ses ressources.
Aujourd’hui, la pression sur ses richesses s’affole : coupes rases de forêts, de feuillus, enrésinement massif, monocultures, suppression progressive de l’élevage et de parcelles agricoles au profit de panneaux photovoltaïques, méthanisation à grande échelle, monoculture intensive et polluante de sapins de Noël... Les seuls arguments, perpétuant de facto la surexploitation et donc la destruction du territoire, restent l’emploi et le sempiternel « on ne sait pas faire autrement ».
La monoculture intensive détruit les sols
Le Morvan est à cheval sur les quatre départements bourguignons. C’est un massif granitique vallonné avec très peu de terre arable et pas, ou très peu, de nappes phréatiques. 1,2 million de sapins sont produits par an dans le Morvan. On déterre un sapin, on en plante un autre, on arrose d’engrais chimiques et autres pesticides, on épuise les sols, pour toujours davantage de rendements.
Imaginez des cultures de sapins sur sol pentu sans un brin d’herbe, avec des passages d’engins répétés pour les sept à dix traitements chimiques de synthèse annuels (fongicides, insecticides, herbicides...). Sur la terre à nu, l’eau ravine, le sol est lessivé et les produits s’écoulent dans les sources, dans les ruisseaux et les rivières. Les systèmes racinaires des sapins de Noël, affaiblis par les traitements, ne sont pas suffisamment denses et solides pour jouer leur rôle. Les sources sont polluées. Certains villages n’ont plus d’eau potable.
- Coopérer ou périr
- « On ne peut pas empoisonner les gens comme ils l’ont fait » : l’intrigante impunité d’un groupe agroalimentaire
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- Plutôt que des chèques alimentaires … À quand une sécurité sociale de l’alimentation ?