Depuis maintenant plusieurs mois les agents de la ville alertent la municipalité sur leurs difficultés à exercer leur activité.
Mardi 5 décembre, à l’appel de l’intersyndicale, de très nombreux "communaux" se sont rassemblés et ont défilé dans la ville.
L'alerte porte sur des point cruciaux qui nuisent au dialogue social:
- non renouvellement des contrats,
- manque de personnel pour assurer le service, et donc souffrance au travail de celles et ceux qui restent,
- l’entêtement de la mairie à réunir le Comité Social Territorial le mercredi, quand les représentant.e.s des syndicats ne peuvent pas venir,
- l’absence d’information sur les projets,
- le passage en force des projets,
- la désorganisation du travail, etc.
Lors du Conseil Municipal du samedi 9 décembre, la situation des agents communaux a été abordée.
L intervention du premier adjoint par ailleurs président du CST laisse penser que tout va bien dans la mesure où le dialogue se fait avec des agents volontaires !
Le conseiller chargé de la voirie et de la mobilité, quant à lui, considère être dans le camp des victimes à cause d'un tag et en profite pour ne pas répondre sur le fond du sujet tout en rappelant tous les bienfaits dont les syndicats bénéficient (locaux, photocopieuse, électricité et chauffage), comme si respecter la loi était un cadeau de la mairie aux syndicats.
Bondy autrement a toujours été attachée au service public et à la qualité du service que la municipalité doit aux citoyens. Les employés communaux sont indispensables pour cela. Cela oblige la mairie à les respecter.
Un véritable dialogue social sincère doit exister entre les agents communaux, l'administration et les élus pour que le service rendu à la population soit le meilleur.
S’imposer en tant que « patron » n’est pas efficace et montre surtout que l’intérêt pour la population est secondaire derrière la volonté de passer en force.
Il faut rompre avec ce management patronal archaïque.
Oui, pour discuter il faut être deux et en avoir la volonté.
Contrairement à ce que laisse penser l'évocation de ce charmant lépidoptère, son battement d'ailes peut avoir des conséquences insoupçonnées.
Dans un désir de faire des économies, la municipalité envisage de ne pas renouveler le contrat de nettoyage des locaux municipaux passé avec une société privée bondynoise, Guilbert.
Faire des économies c'est bien, mais pas à n'importe quel prix.
Il est prévu de reporter la charge de travail sur le personnel communal qui apparemment n’en fait pas assez ! Pourront-ils le supporter ?
Actuellement l'entreprise possède son matériel pas la mairie. Une location ou un achat est à prévoir. Les finances publiques pourront-elles le supporter ?
Le personnel de la mairie n'est pas formé au métier du nettoyage. Oui, le nettoyage est un métier, qui demande de l’expérience et des techniques. Ceux qui en doutent sont invités à aller travailler dans une entreprise qui s’en charge. Surtout, avec cette réduction des dépenses, il y a un risque que les prestations soient de moindre qualité. Les usagers pourront-ils s'en contenter ?
Le personnel de l'entreprise actuellement titulaire du marché ne sera pas repris dans les effectifs municipaux. Il s agit bien souvent de contrats a temps partiels. Soit ce personnel sera licencié soit affecté sur d'autres chantiers beaucoup plus éloignés. Ce personnel majoritairement issu de notre commune pourra-t-il le supporter ?
En tant que citoyens voulez-vous l'accepter ?
Nous sommes favorables à ce que les activités déléguées au privé soient reprises par le public, mais cela demande que les personnels et la qualité du service y gagnent. Cela implique aussi de décider publiquement des finances de la ville pour répondre aux besoins sociaux.
Vendredi 13 octobre, plusieurs centaines de membres du personnel de la mairie étaient mobilisées dans la grève, elles se sont rassemblées dans le hall d’accueil.
La plainte générale porte sur la réduction des moyens qui attaque la qualité du service public rendu à la population : manque de personnel et manque de salaire pour celles et ceux qui restent.
Comme pour les salaires ou les contrats proposés qui ne permettent pas d’embaucher le personnel nécessaire.
Comme pour des structures d’accueil des enfants qui sont fermés et réduisant ainsi l’offre proposée aux familles.
Comme pour l’ASB dont la subvention a été réduite de presque deux tiers.
Comme pour le nettoyage dont la prestation est revu à la baisse par Bondy Habitat, au détriment de la qualité de vie des locataires.
Il faut renverser cette logique.
La priorité de la mairie doit être de fournir le service public de la meilleure qualité aux Bondynois.es.
Les syndicats posent la question en rappelant que les indemnités des élus reviennent à plusieurs centaines de milliers d’euros par an. En effet, il y a des choix à faire !
Il semblerait que le maire et sa majorité croient que les employés peuvent être pressés encore pour fournir un meilleur service. Pourtant, ce n’est pas le cas, la colère gronde et les employés de la mairie n’en peuvent plus !
L’assemblée générale a décidé un nouveau mouvement le 7 novembre pour le réemploi de leurs collègues licenciés.
Elle demande aussi le versement de deux primes égalitaires pour toutes et tous à Noël, y compris aux contractuels.
Ils peuvent compter sur notre soutien, mais la solidarité des habitants de la ville est aussi nécessaire. Soyons-y attentifs dans les semaines qui viennent pour leur apporter l’appui nécessaire : il s’agit du service public dont nous sommes les usagers. Défendre leurs conditions de travail, c’est défendre notre droit à un service public le meilleur possible.
Depuis des mois, le personnel communal est mis sur le gril : les fins de contrat se multiplient et après de longs doutes, le maire vient d’annoncer que ce sont près de 90 postes qui seraient supprimés.
Nous avons plusieurs échos de personnels que l’on encourage à partir, en démissionnant ou en prenant leur retraite dès que possible.
Pourtant, les Bondynois.es ont besoin de personnel pour remplir les missions du service public : école, cantine, activités sportives, centres de loisirs, espaces verts.
Il faut le nombre et il faut aussi la motivation, c’est-à-dire des conditions de travail et de respect, une visibilité à l’opposé de la précarité et du flou qui règnent actuellement ! Il aura ainsi fallu attendre des semaines pour savoir combien le maire veut supprimer de postes. Imaginez l’angoisse des personnes concernées ! Il en est de même quand on nie les pathologies du personnel en soupçonnant toute personne malade d’être un fainéant en puissance !
Ces suppressions vont encore dégrader la qualité du service public, mais surtout elle ne se justifient pas par la situation financière de la ville : en 2022, ce sont 8 millions d’excédent budgétaire qui ont été dégagés ! Et les élus n’en sont pas réduits à se priver de leurs indemnités !
Il faut au contraire développer les services publics, c’est ce que nous demandons avec la cantine gratuite, qui ne coûterait que 180 000 euros en plus sur un budget de… 148 millions d’euros !
Il faut surtout de toute urgence redonner leur place aux syndicats, et engager un vrai dialogue avec les représentants du personnel !
Le droit n’est pas encore pleinement respecté, même les fins de contrat ou les départs en retraite demandent l’intervention quasi systématique des syndicats au moment où le maire décide de supprimer leurs subventions !
Les mobilisations partielles des personnels communaux ont permis de faire reculer le maire, les Bondynois.es doivent soutenir ces revendications : un personnel reconnu, c’est le véritable esprit du service public, usagers et travailleurs nous avons les mêmes intérêts.