En janvier 2023, (dans notre dernier article à ce sujet à relire en cliquant ICI), le nombre total de logements sociaux était de 8645. En un an, l'augmentation a été de + 76 appartements. Notre constat est confirmé : l'augmentation du nombre de logements concerne surtout le privé à Bondy et ne répond pas aux besoins des Bondynois.es. Le taux de logement social est d'ailleurs passé de 39,9% en 2016 à 37,7% en 2022, soit une baisse de 2,2%, selon l'INSEE (à retrouver en cliquant ICI).
Ainsi, fin 2024, 4715 familles attendaient un logement, alors que fin 2023, c'étaient 4576 familles, soit une augmentation de + 139 familles mal logées.
La suroccupation des logements augmentent, selon les derniers chiffres de l'INSEE (à retrouver en cliquant ICI).
Après avoir été largement rejeté par les députés, le projet de loi de finances poursuit son examen au Sénat, dans sa version présentée par le gouvernement. Ce retour à la case départ est une très mauvaise nouvelle pour les personnes sans domicile et mal-logées, tant le texte initial manque d’ambition pour le logement, et poursuit le démantèlement de filets de protection essentiels des plus vulnérables.
Gel des APL et suppression totale pour les étudiants étrangers extra-communautaires, fin de la rénovation énergétique dans le parc HLM, coupe massive dans l’aide à la rénovation dans le parc privé MaPrimeRénov, hébergement d’urgence saturé et logement social en grande difficulté : le Collectif des associations pour le logement appelle les sénateurs à revoir entièrement la copie du gouvernement pour enrayer la crise du logement.
Alors que le taux de pauvreté atteint son niveau le plus haut depuis vingt ans, que plus de 15 millions de personnes sont fragilisées par leurs conditions d’habitat, que 350 000 personnes sont sans domicile, dont près de 3 000 enfants à la rue tous les soirs, le Collectif des associations pour le logement appelle le gouvernement et les sénateurs à faire du logement une priorité d’investissement public, plutôt qu’une variable d’ajustement budgétaire. Chaque euro dépensé dans le logement renforce la cohésion sociale, protège la santé publique, accélère la transition énergétique et crée de nouveaux emplois : sacrifier le logement pour faire baisser la dépense publique est une grave erreur de calcul, qui pénalise tous nos concitoyens, en commençant par les plus fragiles.
Garant du droit au logement, l’Etat peut encore sortir de la “non-assistance à personnes mal-logées” que le CAL a dénoncé devant la justice le 13 février 2025. Il doit pour cela s’appuyer sur 5 priorités : 1. Rétablir la sincérité du budget de l’hébergement d’urgence et les 10 000 places supplémentaires votées par la commission des finances de l’Assemblée nationale, soit 200 millions d’euros ; 2. Revenir sur le gel des APL, sa suppression pour les étudiants étrangers et les revaloriser de 10 % au 1er janvier 2026 ; 3. Renforcer les aides à la pierre de l’Etat pour le logement social et réduire la ponction RLS sur le monde HLM, afin de répondre à la demande grandissante de logements sociaux et de respecter les objectifs de la stratégie nationale du « Logement d’abord » ; 4. Pérenniser et renforcer le dispositif fiscal Loc’Avantages permettant d’inciter les bailleurs privés solidaires à louer leurs logements à des ménages à faibles ressources, et associer le nouveau statut du bailleur privé à des contreparties sociales fortes ; 5. Augmenter le budget de l’Anah pour respecter l’objectif légal de 300 000 rénovations d’ampleur par an que s’est fixé la France.
Communiqué du Collectif des associations pour le logement (CAL)
Les locataires du « S » rue du potager étaient nombreux au conseil de quartier du Mainguy le lundi 1er décembre 2025 pour suivre la présentation de la réhabilitation de leur bâtiment en 2026. Il y a un an déjà, une délégation de locataires avait remis une pétition sur cette réhabilitation au maire et à une directrice d’Est Ensemble Habitat. Aucune réponse n’a été donnée à ces Bondynois.es. Il semblerait que le respect des locataires est une option qui n’est pas fournie à Est-Ensemble Habitat ou la mairie. Une vidéo de promotion commerciale a été projetée, avec des images de synthèse proposant une promenade aux abords du bâtiment. Le carrelage dans les cages d’escalier serait couleur « champagne » et ceux qui en feront la demande pourront faire installer une douche. Mais les familles ont d’autres soucis ! Essentiellement sur l’environnement dégradé du quartier, sur le parking qui sert de lieu de vente de protoxyde d’azote, de cigarettes de contrebande et de pièces détachées autos. Réponse du bailleur et du maire : « C’est pas nous ! On mettra des caméras et la police municipale circulera ! » Même ambiance à Blanqui : la réhabilitation avait été présentée le 19 juin mais le directeur et le maire avaient interrompu la réunion, parce que les habitants exprimaient leur mécontentement ! Une nouvelle réunion sur la réhabilitation du quartier Blanqui s’est tenue le mercredi 3 décembre 2025, avec moins de 10 locataires ! C’est peu pour un si grand espace ! L’information inexistante avait certainement pour but d’éviter la présence des habitants mécontents, tout en prétendant avoir tenu la réunion... Le directeur technique adjoint a tenté de rassurer les habitants en prétendant qu’ils ne respireraient pas un gramme de poussière d’amiante lors du grignotage de la barre Blanqui car elle serait enveloppée par une toile géante ! Le Maire a aussi annoncé qu’il avait décidé de limiter le nombre de places de parking en extérieur pour privilégier un parking souterrain réalisé sous le terrain de sport, éloigné des logements, payant et limité en places. Quels locataires en bénéficieront ? Aucun, sans doute. Les locataires qui espéraient être entendus sur la non démolition des petits 4 étages, attendent des volets dans leurs logements exposés au soleil, veulent un meilleur entretien de leurs espaces collectifs, devront se contenter d'attendre que EEH et la municipalité de Bondy décident sans eux. Quant à Bondy-nord, plusieurs habitants sont en train de se mobiliser, notamment parce que la fenêtre de la cuisine sera rapetissée, sans parler du manque de respect à l’égard des occupants par l’entreprise et le bailleur qui modifient le calendrier et les plans sans informer les locataires ni répondre à leurs critiques. Il est vraiment temps de rendre la ville à ses habitants, c’est ce que « Bondy autrement » exige : les habitant.e.s ne doivent pas être « informé.e.s » des réhabilitations, ils et elles doivent les décider !