La crise du logement est une réalité qui frappe des millions de personnes.
Face aux projets nocifs qui préparent, aux coupes budgétaires et aux atteintes au pouvoir d’achat, la CNL appelle l'ensemble des défenseurs du logement social, des locataires, des habitants, des élus et des citoyens attachés au droit au logement à se rassembler :
Le vendredi 12 juin à 10h30 devant le ministère du Logement 20 avenue de Ségur – Paris 7e
Ensemble, nous construirons un Mur des revendications pour faire entendre les besoins et les attentes de celles et ceux qui vivent la crise du logement au quotidien.
Nous y porterons les exigences suivantes les exigences de la construction de logements sociaux ; du respect de la loi SRU, de la poursuite et de la généralisation de l'encadrement des loyers, du 0 expulsion sans relogement, de la création d'une véritable Sécurité sociale du logement et du renforcement des droits et de la démocratie locataire.
Ensemble, faisons du logement une priorité nationale.
Mardi 2 juin à 18h, les locataires étaient invités à une réception pour le lancement de la démolition des logements des 08-10 rue Martin Luther King. Des familles avec enfants sont venues pour assister à ce moment.
L’opération a permis aux locataires d’interpeler les élus et les représentants du bailleur : demande de changement de logement, refus de la démolition des petits 4 étages, état d’insalubrité du local poubelles, pannes récurrentes des ascenseurs, détérioration du quartier, manque de concertation…
Une mère de famille a interrompu le maire pour exprimer son ras-le-bol des pannes d’ascenseurs sachant qu’elle loge dans une tour de 18 étages ! La directrice-adjointe d’Est Ensemble Habitat a annoncé une amélioration d’ici quelques mois lors de la réhabilitation de la tour prévue en 2027.
A la fin de la réception, le représentant de la CNL (Confédération National du Logement) Hakim KADRI a demandé au Maire, à l’élu de l’opposition, aux responsables d’EEH de l’accompagner pour constater sur place l’état déplorable des ascenseurs, que la société OTIS doit entretenir. Un engagement a été pris par le bailleur de maintenir au moins un ascenseur fonctionnel avant la réhabilitation. Sera-t-il tenu ?
Depuis 3 ans, et la disparition de Bondy Habitat dans Est Ensemble Habitat, les locataires bondynois constatent que les loyers ont augmenté de plus de 8%, que les prestations sont réduites (ménage et entretien des espaces verts) et que les provisions ne couvrent pas l’augmentation du chauffage.
Face à l’insatisfaction de sa gestion, Est Ensemble Habitat a lancé un sondage téléphonique sur la satisfaction des locataires, avec des questions fermées. Cela ne permettra pas de rendre la parole aux locataires, encore moins de résoudre les problèmes qui sautent aux yeux, tant que la volonté de réinvestir le logement social n’aura pas été décidée.
C’est bon, diront certains ! La destruction de la barre Blanqui a commencé.
Pourtant, c’est le dernier épisode d’une mauvaise décision.
Les maires successifs de Bondy (Roger, Thomassin, Hervé) ont voulu casser les quartiers populaires. Ils ne sont pas les seuls, et ne font qu’obéir à l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine.
C’est un gâchis écologique : on casse des logements fonctionnels... pour reconstruire des logements.
C’est un gâchis social : on déplace des habitants en les considérant comme des objets, sans tenir compte de leurs liens sociaux, de leurs attaches, sans respect pour la vie qu’ils ont bâtie sur place.
C’est un gâchis économique : les opérations de destruction/reconstruction sont coûteuses, notamment parce que le désamiantage exige des moyens importants. La rénovation est une solution moins coûteuse, plus écologique et respectueuse des liens sociaux qui existent dans les quartiers.
D’ailleurs, si des gens à l’extérieur des quartiers soutiennent ces destructions, les premiers intéressés mènent souvent des luttes contre ces destructions et gagnent parfois.
Précisément, dans le cas de la Barre rue Martin Luther King, 3 jours après le lancement de la démolition, les élèves du groupe scolaire Ferry/Rostand ont été victimes de la poussière au moment de la récréation et une interruption de travaux a été demandée durant cette période ! « Qui aurait pu le prédire ? », comme disent les irresponsables quand ils ont le nez dans la conséquence des décisions prises sans les intéressé.e.s !
Et les 4715 familles qui attendent un logement social et qui voient 220 logements partir en poussière ? Les familles qui habitaient sur place sont évidemment prioritaires dans le relogement mais ce sont toutes les autres familles qui devront attendre encore !
Rappelons l’idée centrale de Bondy autrement sur ces « rénovations urbaines » : « Nous pensons qu’il faut décider les projets urbains avec les habitants concernés. »
Une idée de bon sens, mais dont l’esprit démocratique est trop radical, semble-t-il, pour les décideurs d’aujourd’hui !