par Rachel Knaebel

 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi contre l’extrême droite. Comment la société civile, les gouvernements, l’État ont-ils réagi aux mouvements de droite radicale au fil des décennies ? Réponses avec la chercheuse Bénédicte Laumond.

Basta !  : Vous avez étudié la réponse de l’État aux droites radicales depuis les années 1950. La question se posait déjà alors ?

Bénédicte Laumond [1] : Aux élections de 1956, le parti poujadiste, l’Union de la défense des commerçants et des artisans, qui est une formation partisane radicale de droite, fait son entrée à l’Assemblée nationale. Un front républicain se forme déjà à l’initiative des partis de gouvernement, particulièrement de la gauche et du centre. La tactique consiste à ostraciser des partis considérés radicaux de droite, avec une volonté de les exclure parce qu’ils se réclament d’une idéologie qui a été particulièrement meurtrière les décennies précédentes. L’idée est alors présente chez de nombreux acteurs politiques qu’il faut se prémunir de ce type d’idéologie.

Ensuite, des groupes qui ne sont pas des partis, mais souvent des associations, ont fait l’objet de dissolutions. L’outil de la dissolution a été utilisé régulièrement ces soixante-dix dernières années en France [2]. Dans les années 1950, des associations qui se réclament d’une idéologie nationaliste, autoritaire et fondamentalement anticommuniste, sont dissoutes. Il y a un jeu du chat et de la souris de reformation des groupes dissous. Se pose donc la question de l’efficacité de cet outil.

Quelle a été la réaction de l’État, du gouvernement, quand est né le Front national ? Est-ce qu’il a été discuté de son interdiction ?

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