Après avoir traité trois volets du logement social, nous voulons rappeler nos propositions dans le débat public.

Partons de l'expérience de De Lattre pour dire que tout espoir n'est pas perdu : nous avons combattu cette vente d'un terrain communal au privé (à la COGEDIM) et nous avons eu raison ! Les citoyens ne sont donc pas condamnés à toujours reculer !

Pour cela, il faut d'abord changer de démarche : respecter tous les habitants de Bondy et ne pas mépriser les quartiers populaires.

La part des Bondynois vivant dans un logement social est de 39%, c'est l'INSEE qui le dit. Mais ce sont plus de 90% qui auraient droit d'y être logés.L'objectif ne peut donc pas être de faire augmenter le privé artificiellement en changeant le plan d'urbanisme, au contraire.

Cette nouvelle politique qui prenne en compte les habitants et les besoins en logement social exige un nouvel « esprit d'entreprise » chez les bailleurs sociaux et les pouvoirs locaux, soucieux de l'intérêt public, du service public, plutôt que de faire prévaloir la notion de client sur celle d'usager.

Pour éviter que l'argent des locataires servent à financer les entreprises privées dans des conditions opaques, les bailleurs doivent se doter d'un personnel propre, qui serait ainsi fidélisé à l'entretien d'un même patrimoine. Cela évite un surcoût de 50% pour les contrats passés avec le privé. Cela implique donc de revenir à des régies pour les petits travaux, des gardiens d'immeubles remplaçants plutôt que des intérimaires et la mise en place d'un service commun d'ascensoristes qui puisse intervenir efficacement chez tous les bailleurs sociaux.

Il faut aussi un entretien réel du parc des logements HLM, en particulier investir dans l'isolation thermique des bâtiments les plus anciens.

Le budget des bailleurs sociaux doit être élaboré avec les représentants des locataires, et pas seulement leur être présenté : cela évitera de se rendre compte que leur bailleur a embauché une association de médiateurs que les locataires ne voient pas et qui leur coûte plusieurs dizaines de milliers d'euros par an, ou encore que l'entreprise privée choisie depuis des années pour le ménage est dirigée par un membre du conseil d'administration du bailleur en question, ou encore qu'une entreprise privée est choisie avec insistance par certains membres de la direction alors que son dossier est moins attractif que celui d'autres candidats.

L'enjeu majeur de la justice se pose dans l'attribution des logements, tous les bailleurs sont confrontés à cette question. La seule solution pour être juste est d'avoir des critères précis, exactement les mêmes pour tou-te-s et connus par tout le monde. Ces critères doivent être accessibles publiquement à tout moment sur internet.

La commission d'attribution doit être présidée par un membre de l'opposition municipale et les réunions doivent présenter des dossiers anonymisés.

Voici les critères que nous proposons, ils ont été élaborés dans des réunions publiques avec les habitant-e-s.

 

Incendie : Relogement immédiat exceptionnel

 

1ère catégorie de priorité

Handicap (malvoyant, chaise roulante, manque de mobilité) à 80 % et plus

Sans-abri (domiciliation administrative) /

Violence conjugale pour reloger la victime et les enfants (dans le cas d'attente d'une décision de justice) /

Situation de danger entre voisins (avérée par un rapport de police)

200 points

2ème catégorie de priorité

Logement trop petit pour des enfants : enjeu scolaire

Divorce avec des enfants

100 points

3ème catégorie de priorité

Décohabitation liée à un divorce

Relogement de locataire d’un logement insalubre

50 points

4ème catégorie de priorité

Décohabitation d’un enfant adulte

Rapprochement d’une personne âgée de ses proches

25 points

+ Attente

1 point par mois

 

 

La folie des prix de l’immobilier n’est pas une fatalité. Plafonner les loyers, limiter les résidences secondaires, interdire la spéculation… Des solutions sont portées, de Bayonne à Berlin, par des citoyens décidés à ne plus subir.

 

Jamais les prix de l’immobilier n’ont été aussi élevés en France. Malgré la crise du Covid, l’envolée des prix à l’achat continue : +11 % pour une maison et +7,3 % pour un appartement en seulement une année. Et les loyers suivent la même trajectoire. Tout particulièrement dans les zones touristiques, où la chasse aux résidences secondaires et l’emprise d’Airbnb aggravent la pénurie de logements.

Conséquence, le nombre de sans-abri a triplé en vingt ans, alors même que 117 000 logements restent inoccupés à Paris, 36 000 à Marseille, 24 000 à Lyon. Il devient de plus en plus difficile d’acheter sans avoir soi-même hérité et l’inégalité de richesse s’accroît entre les Français qui peuvent emprunter des sommes toujours plus importantes pour devenir propriétaires et ceux qui n’en ont pas les moyens.

Face à ce fléau, les initiatives se multiplient. En Bretagne et au Pays basque, on lutte contre la mainmise du logement touristique au détriment des résidences principales. À Berlin, un référendum vient d’entériner l’expropriation des grands groupes financiers ayant fait main basse sur une partie des logements de la capitale allemande.

Cliquez sur l'image suivante pour entendre le podcast : 

https://basta.media/podcast-speculation-immobiliere-logement-airbnb

Le logement social est un bien collectif très précieux. Il doit être défendu en exigeant l'entretien du patrimoine, la transparence des attributions et son ouverture à tous ceux qui en ont besoin. Cette défense exige aussi une grande exigence parce que justement il s'agit d'un domaine dont toute la société a besoin.

Qu'en est-il de l'argent des locataires ?

Tout d'abord, la plupart des sociétés HLM sur Bondy ne tirent pas de bénéfices des loyers. Par exemple, ni Bondy Habitat, ni Seine-Saint-Denis Habitat ne rémunèrent d'actionnaires.

Alors, où passe l'argent des locataires ?

Une partie des loyers sert à payer le remboursement des emprunts contractés pour construire de nouveaux logements ou rénover les anciens, une partie des salaires du personnel.

Les charges servent à payer les dépenses courantes : l'électricité, le ménage, le jardinage, le chauffage (et une autre partie des salaires du personnel).

Il n'y a pas d'argent extérieur injecté dans le logement social, sinon les prêts consentis qui obligent justement à plafonner les loyers.

Tout semble donc parfait.

Dans ces conditions, l'argent des locataires est-il forcément bien utilisé ? Non. Quand une entreprise est payée par le propriétaire, avec l'argent des locataires, mais ne fait pas le travail nécessaire, on peut s'interroger. Le manque d'entretien nuit uniquement à la vie quotidienne des locataires, il ne nuit ni à l'entreprise privée qui intervient ni au bailleur qui ramasse les loyers, et dont la direction habite généralement ailleurs. Il y a bien un problème possible de gestion.

Le fait même d'employer une société extérieure est une façon pour le propriétaire de se débarrasser des problèmes de gestion du personnel, qui est pourtant de sa compétence, quitte à rémunérer plus cher une entreprise privée, avec l'argent des locataires.

Ainsi, les bailleurs sociaux ont aujourd'hui rarement de régie pour les petits travaux et prennent des entreprises privées. Ils ont rarement des gardiens d'immeubles remplaçants mais prennent des intérimaires payés plus cher, avec l'argent des locataires. Ils paient des ascensoristes parfois défaillants plutôt que de mettre en place un service public général qui puisse intervenir efficacement.

Les locataires ont donc tout intérêt à exiger les documents comptables de leur bailleur et à les éplucher. Ils se rendront peut-être compte ainsi que leur bailleur a embauché une association de médiateurs que les locataires ne voient pas et qui leur coûte plusieurs dizaines de milliers d'euros par an, ou encore que l'entreprise privée choisie depuis des années pour le ménage est dirigée par un membre du conseil d'administration du bailleur en question, ou encore qu'une entreprise privée est choisie avec insistance par certains membres de la direction alors que son dossier est moins attractif que celui d'autres candidats.

Il nous restera désormais à traiter de la question de l’attribution des logements.

Nous avons déjà analysé ici l'importance des bailleurs sociaux, les HLM, puis les questions financières qui les concernent.

Venons-en à l'attribution des logements sociaux, et rappelons d'abord que 90 % de la population bondynoise sont en droit d'accéder aux HLM.

Il y a donc un enjeu majeur à ce que l'attribution des logements soit juste, tous les bailleurs sont confrontés à cette question. On se rappellera que quand les Tibéri ont été chassés de la mairie de Paris, Bertrand Delanoë a dû rompre avec leur politique en mettant en place une politique exemplaire d'attribution sur des critères exacts. 

C'est ce que les mal-logés de Bondy ont demandé pour éviter les passe-droits.

Que s'est-il passé alors ? Bondy Habitat a mis en place un barème... qui est seulement consultatif ! Autant dire qu'il s'agit d'une arnaque. Imaginons que l'on fasse une grille des salaires qui n'est pas suivie, ou des limites de vitesse seulement consultative par la police... C'est exactement ce qui se passe à Bondy : les attributions sous Mme Thomassin se faisaient en fonction des dossiers que les membres de la commission voulaient faire passer. Un des responsables de Bondy autrement s'est ainsi vu attribuer un pavillon six mois avant les municipales : il l'a refusé parce que nous ne nous vendons pas. Et il a écrit pour dénoncer cette attribution qui prouvait que toutes les attributions étaient douteuses. Aucune réponse, ni de la directrice, ni de la maire, ni du préfet, ni de l'Agence du contrôle du logement social.  La politique d'attribution est-elle délibérément opaque à Bondy ? Nous vous laissons répondre.

Qu'est-ce qui a changé avec le nouveau maire ? Rien. 

Nous avons eu l'occasion de porter ce débat des critères. Ils ont été refusés par le nouveau pouvoir.

D'ailleurs, cette transparence est tellement problématique que le site internet de cotation de Bondy Habitat n'est plus accessible : cela évite les problèmes ! Mais quand il fonctionnait, le nombre de points pour accéder à un logement (par exemple 450 points pour un T4) était si élevé qu'aucun demandeur ne l'avait ! De quoi faire comprendre à tout le monde qu'il faut attendre et se taire.

Cela pose un problème : comme tous les services publics, le logement social doit être à la disposition de tous les usagers, pas à la discrétion des politiciens.

C'est pourquoi nous avons travaillé à des critères que nous vous rappelons : 

Voici notre proposition de critères pour les attributions :

 

Incendie : Relogement immédiat exceptionnel

 

1ère catégorie de priorité

200 points

Handicap (malvoyant, chaise roulante, manque de mobilité) à 80 % et plus

Sans-abri (domiciliation administrative) / Violence conjugale pour reloger la victime et les enfants (dans le cas d'attente d'une décision de justice) /

Situation de danger entre voisins (avérée par un rapport de police)

 

2ème catégorie de priorité

100 points

Logement trop petit pour des enfants : enjeu scolaire

Divorce avec des enfants

 

3ème catégorie de priorité

50 points

Décohabitation liée à un divorce

Relogement de locataire d’un logement insalubre

 

4ème catégorie de priorité

25 points

Décohabitation d’un enfant adulte

Rapprochement d’une personne âgée de ses proches

 

+ Attente

1 point par mois

 

Il faut continuer à l'exiger : des critères pour une sélection juste et une commission qui ne se base que sur ces critères et pas sur des affinités personnelles. La mobilisation citoyenne est nécessaire.

 

Des milliers de familles de notre ville demandent un logement social. Pourtant, les maires qui se succèdent portent le même mépris à l'égard des catégories populaires et considèrent que le logement social dégrade l'image de notre ville. C'est ce qui a conduit l'ancienne équipe dans l'impasse de la Cogedim à De Lattre : vendre un terrain de Bondy habitat pour y faire une opération de spéculation immobilière leur a semblé naturellement une bonne idée. Nous l'avions dénoncé et l'opération a été suffisamment mal conçue pour être finalement annulée.

Mais la mauvaise image du logement social est-elle justifiée ? Les pauvres dans la ville sont-ils une verrue dont il faudrait se débarasser ? Nous pensons qu'il faut simplement répondre aux besoins qui s'expriment à Bondy, et le premier besoin est celui d'un logement digne, suffisamment grand et à un prix accessible.

A Bondy, c'est plus de 90% des foyers* qui peuvent prétendre à un logement HLM. Alors, non, il ne s'agit pas d'un logement pour les plus pauvres.

Alors, y aurait-il trop de HLM à Bondy ? 39% des Bondynois vivent dans un logement social dans notre ville, c'est l'INSEE qui le dit. Nous sommes donc bien en dessous du nombre de ceux qui peuvent y prétendre.

Est-ce que la ville manque d'espace pour répondre à ce besoin ? Il faut admettre que quand les spéculateurs immobiliers ont décidé de s'abattre sur la ville, grâce au Plan Local d'Urbanisme de Mme Thomassin et de son équipe, en particulier entre la gare et la mairie, ils n'ont pas fait autant de manières : ils ont bien trouvé de la place ! Quant au Canal de l'Ourcq, si 30% de HLM sont prévus, il y aura des milliers de logements construits pour le privé, là aussi la place n'a pas manqué pour favoriser la spéculation immobilière.

Mais un nouvel enjeu apparaît aujourd'hui : l'entretien du parc des logements HLM. En effet, le même syndrome qui pousse le pouvoir à refuser de répondre aux besoins de logement amène à négliger l'entretien. Et la conséquence quand on laisse des cités à l'abandon pendant des années est de pousser au départ les locataires, de les pousser à délaisser leur environnement pour ensuite surgir avec une solution toute trouvée : détruire leurs logements pour vendre le terrain au privé !

On comprendra donc que les amicales des locataires ont un rôle salutaire pour empêcher cette dégradation et exiger les investissements indispensables, en particulier l'isolation thermique des bâtiments les plus anciens et un fonctionnement correct des ascenseurs.e 2018 de l'INSEE : le décile le plus riche à Bondy est encore sous le plafond des HLM.

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