par Clément Le Foll , Clément Pouré

Drones, vidéosurveillance avec reconnaissance faciale, géolocalisation des smartphones et logiciels de fichage se sont banalisés pendant la crise sanitaire, aux dépens des libertés. L’Observatoire des multinationales sonne l’alarme.

C’était au milieu du premier confinement. Two-I, une entreprise française spécialiste des logiciels d’hypervision, annonce en grande pompe la sortie de Vigilance, un logiciel de traitement d’images et d’analyse de données, initialement pensé pour la gestion urbaine mais « rebrandé » pour la crise du Covid. Lors de la présentation du logiciel, sur un fond de cartographie d’une ville, jaillissent en temps réel des alertes : « accident de voiture », « embouteillage », mais aussi « fièvre », « station surpeuplée », « absence de masque » ou « distanciation sociale ». En cliquant sur ces points, le contrôleur du logiciel accède au contenu vidéo en live. Des filtres lui permettent de vérifier la température corporelle des citoyens ou de consulter une batterie de statistiques.

Ce type de logiciel est loin d’être une exception. Datakalab a expérimenté des logiciels de reconnaissance de masques dans plusieurs communes françaises. Les caméras thermiques de MyConnect se sont vendues comme des petits pains lors des premiers mois de la pandémie. Le géant Thales a signé de nouveaux contrats pour déployer ses solutions de reconnaissance faciale dans les aéroports. Depuis le début du confinement, de nombreuses entreprises françaises du secteur de la surveillance ont transformé leurs technologies pour les adapter aux conditions de la pandémie.

 

L’État, tout comme certaines collectivités territoriales, ont multiplié le recours aux gadgets technologiques pour lutter contre la pandémie. Drones utilisés pour rappeler aux passants les gestes barrières ou traquer ceux qui ne respectent pas le confinement, caméras thermiques destinées à contrôler l’accès à certains bâtiments, application de « tracking » pour endiguer la pandémie... autant d’outils mobilisés pour résorber la crise mettant en risque les libertés individuelles.

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