Grenades lacrymogènes, blindés, armures et formations, la France fournit les polices du monde entier, sans considération pour les droits humains. Un business qui se développe en toute discrétion.

Mars 2019. À Hongkong commence une année de soulèvements populaires contre un projet de loi d’extradition et contre l’influence chinoise grandissante (lire Politis n° 1692). Alors que la police locale est accusée de violence excessive, l’ensemble de la communauté internationale, dont la France, lance un appel au calme. Les forces de l’ordre de la ville-État utilisent pourtant du matériel… made in France. Camions à eau, blindés et équipements de protection sont fournis dans le cadre de contrats se chiffrant à plusieurs millions d’euros.

Des centaines d’étudiants vêtus de noir se dressent devant les forces de l’ordre hongkongaises, qui cherche à éviter l’enlisement et à étouffer au plus vite la contestation. Pour déloger les manifestants, des véhicules blindés sont envoyés pour forcer les barricades, pendant que des camions à eau aspergent les contestataires. Tous ces véhicules sont de fabrication française. Les blindés, des Mercedes-Benz Unimog U 5000, de 10 tonnes chacun, sont construits en France sur mesure par l’entreprise Centigon, dont le siège se trouve en Côtes-d’Armor. Ils sont réellement utilisés pour la première fois lors de ces émeutes. Achetés plus de 4 millions d’euros dix ans plus tôt, ils sont régulièrement accompagnés sur le terrain par des Cerberus. Des Cerberus ? Un nom désignant des canons à eau conçus par des filiales du groupe français Armoric Holding, Sides et Essonne Sécurité, qui construisent respectivement des engins spécialisés dans la lutte anti-incendie, et des véhicules blindés. Ils sont utilisés avec un produit de couleur marquant permettant à la police d’identifier les manifestants. « La personne peut ensuite être victime de harcèlement ou placée en détention de manière injustifiée », précise Amnesty International dans l’un de ses rapports consacrés à cette crise démocratique et publié il y a trois ans.

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