par Anne Paq, Pierre Jequier-Zalc

Les Jardins ouvriers d’Aubervilliers, devenus depuis quelques mois une JAD (jardins à défendre) ont été expulsés ce jeudi matin. Un « événement traumatique » pour les collectifs qui occupaient la zone. Ils appellent à poursuivre la mobilisation.

Peu avant 7 h du matin ce jeudi. La police pénètre sur les « Jardins à défendre » d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), occupés depuis plusieurs mois par des militants qui s’opposent à leur destruction. « C’était jour de rentrée, je préparais ma fille quand j’ai appris la nouvelle », raconte Viviane Griveau-Genest, du Collectif de défense des jardins des Vertus et qui y cultive une parcelle. Sur place, une poignée de militants sont délogés, deux seront emmenés au commissariat avant d’être libérés l’après-midi. « On n’a rien pu faire, on avait mis en place des choses pour s’alerter en cas d’évacuation, mais là on a juste eu le temps de se réveiller », témoigne Ibis* [1], un militant très présent sur la JAD. Sitôt les jardins évacués, une pelleteuse démolit les cabanes aménagées par les occupants. Plusieurs arbres et potagers sont, eux aussi, détruits.

« Il saccage la biodiversité, les ressources, la capacité des citoyens à prendre en main leur destin »

Pour protester, quelques 200 personnes se sont retrouvées devant la mairie d’Aubervilliers ce jeudi soir. Sur la petite place, l’émotion est présente, des larmes coulent sur les joues des militants qui s’enlacent. « C’est un moment plus que difficile, c’est traumatique, révoltant. Lundi, on a déposé un référé pour suspendre les travaux. Jeudi, jour de rentrée, l’aménageur continue dans son projet criminel. Criminel car il saccage la biodiversité, les ressources en terme de résilience alimentaire, la capacité des citoyens à prendre en main leur destin pour faire vivre les territoires », lance Viviane Griveau-Genest sous les applaudissements de la foule. « Il y a de la rage, de la tristesse de perdre ces lieux. Mais ça donne envie de relancer pleinement la mobilisation. Il y a aussi de la révolte », confie Ibis.

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