Suite à notre lettre ouverte aux deux listes présentes au Conseil municipal, Stephen Hervé a reçu une délégation de Bondy autrement le lundi 13 avril. Nous reprenons ses réponses auxquelles nous ajoutons nos commentaires.
Le premier point que nous voulions évoquer concernait le pont de la gare de Bondy. Nous remarquons que l’interdiction n’est respectée que par les bus. La signalisation de la RATP n’est pas claire. Et qu’en est-il des personnes à mobilité réduite ?
D’après le maire, la passerelle avec l’ascenseur est fonctionnelle depuis peu. Les travaux ont été faits. Il faut faire une vraie étude sur ce pont. Les frais devront être partagés entre la mairie, la région, la Société des Grands Projets et la SNCF. La SNCF doit pouvoir l’intégrer dans ses plans. En effet, l’entretien des piliers du pont est de la responsabilité de la SNCF alors que le tablier et le roulant sont du ressort de la commune. Le maire va demander les fonds nécessaires où il peut. Le coût total pourrait dépasser les 10 millions. La SNCF devrait prendre sa part. Les travaux de la ligne 15 vont durer encore 5 ans.
L’idée d’installer un portique que proposait Bondy autrement est abandonnée car le portique aurait dû être posé sur les trottoirs et aurait gêné les piétons. Le maire déclare réfléchir à mettre en place un mode de verbalisation par vidéo. Concernant la passerelle, il note qu’il n’y a pas eu de communication et qu’il va revoir cela.
Bondy autrement a insisté et annonce que nous relancerons le maire dès septembre 2026 pour faire le point sur les avancées des travaux du pont. Gardez la date en tête !
Le deuxième point que nous avions abordé était la santé. Il s’agissait de traiter les risques pesant sur l’hôpital, le Centre municipal de Santé et les insuffisances de la médecine de ville.
Concernant le Centre Municipal de Santé, le maire annonce qu’il sera préservé et développé sur le nord. Il reconnaît des difficultés à garder les généralistes et déclare qu’il faudrait plus d’attractivité pour en recruter. L’état du bâti pose problème, il doit être remis aux normes. Il n’y a pas d’ascenseur et il ne peut pas y en avoir vu l’agencement du dispensaire. Même si la médecine de ville est plus fournie à Bondy qu’à Bobigny, d’après le maire, il reconnaît qu’il faut améliorer l’offre de santé des spécialistes.
Concernant la médecine de ville, le maire se réjouit de l’ouverture d’un cabinet sur le quartier de la Remise à Jorelle, rue Edouard-Vaillant.
Le maire déclare que Jean-Verdier accueille une médecine du sport, ce qui est une offre supplémentaire de santé. La maternité va être transférée à Avicenne dès la fin de la construction de la maternité d’Avicenne. L’Agence Régionale de Santé dit que la mortalité infantile est deux fois plus importante à Verdier que dans la moyenne en France et la maternité n est pas accueillante. Selon le maire, ce sont les professionnels de santé qui ont décidé le projet du nouveau Jean-Verdier. Un nouvel hôpital (incluant Ville Evrard) sera au niveau de la nationale 3 vers le Darty pour un coût de 120 millions d’euros mais sans la maternité ni les urgences pédiatriques à l’horizon 2031. Il est prévu un espace végétalisé sur le site face à l'hôpital, où se trouve l'école des infirmières. À l’emplacement de l’actuel hôpital, il est prévu 400 logements, privés et sociaux (avec plus de privés, bien sûr, nous y revenons plus bas).
Pour Bondy autrement, nous sommes inquiets d’un périmètre qui se réduit par rapport à ce qui était prévu. L’offre de santé se réduit pour favoriser la spéculation immobilière. Tout le contraire de ce dont nous avons besoin. Nous nous interrogeons sur l’attractivité d’un hôpital qui sera chargé des tâches secondaires par rapport à Avicenne. La question se pose y compris pour le recrutement des médecins spécialistes par le nouvel hôpital Jean-Verdier.
Le troisième point que nous avons posé concerne la réussite scolaire, qui est la priorité de Bondy autrement. Stephen Hervé nous a tenu le même discours que le Ministère de l’Education Nationale en justifiant les fermetures des classes de primaire. Les écoles de Bondy-Nord ne sont pas pleines, selon lui. Il reconnaît que Mainguy reste une très grosse école avec 400 élèves. Une nouvelle école primaire est prévue sur le canal. Des écoles sont à rénover, comme Ferry Rostand et Pasteur. La démographie de la ville est en baisse notamment à cause des démolitions. Chacun comprendra cependant que la baisse démographique pourrait être l’occasion d’améliorer la situation dans les écoles avec des effectifs moins nombreux, c’est le choix de la suppression des classes qui est fait, au contraire.
Concernant la cantine gratuite, il y a 6800 enfants scolarisés à Bondy. Selon Stephen Hervé, la mesure que nous proposons aurait un impact néfaste sur la qualité d accueil. Il y aurait des problèmes de locaux dans les réfectoires de certaines écoles. Cela représenterait 30% d’accueil en plus. Et cela représenterait aussi du temps en moins avec les parents… La baisse démographique ne suffit pas, selon lui à dégager des capacités d’accueil suffisantes. Concernant les familles populaires, il répète que le quotient familial leur permet d’inscrire leur enfant à la cantine. Il promet que les services vont tendre vers une simplification, avec la fin de la réservation. Actuellement, les familles sont facturées au réel. Le maire nous explique que 25 % des familles sont au taux plein, ce qui est dû à la difficulté de fournir les documents, notamment pour des familles sans-papier. À cette injustice, Bondy autrement avait la réponse, avec la cantine gratuite !
Le quatrième point que nous avons abordé concernait le logement social. Le problème de régularisation des charges locatives a été posé par Bondy autrement. Stephen Hervé reconnaît qu’il y a eu un mauvais calcul des provisions par les bailleurs. La mairie a été en contact avec les bailleurs. Patrick Bessac sera probablement le président de Est-Ensemble Habitat et sera saisi du sujet. Bondy autrement fait remarquer que les services de Est-Ensemble Habitat se sont pas joignables, la qualité de service et la communication sont mauvaises. Stephen Hervé répond qu'il faut un meilleur suivi, revoir les contrats, et reprendre la main grâce à des régies, en créant des régies de quartier avec des gens du quartier, ce qui créerait des emplois.
Actuellement, selon le maire, il y a 47% de logements sociaux à Bondy. Nous avons revérifié ce chiffre après l’entretien, il est faux : l’INSEE déclare 37,7 % de Bondynois habitants en logement social et nos propres calculs établissent que 39 % de l’habitat bondynois est HLM. Le maire déclare qu’il ne veut pas aller au delà de 50%. Soit, mais on en est très loin. Il y a environ 5000 demandes de logement, selon le maire. Là nous sommes d’accord : 4715 familles demandent un logement, selon nos chiffres en 2024. Le temps entre les démolitions et les reconstruction rallonge les temps d’attribution , puisqu’il y a moins de logements disponibles. Certes, Monsieur le Maire, mais pourquoi alors détruire des quartiers contre l’avis de leurs habitants, comme les petits immeubles de Blanqui ? Bondy autrement remarque aussi que les nouvelles constructions comportent plus de privé que de social : la bétonisation de la ville se fait donc au profit des spéculateurs immobiliers. Voilà la réalité crue.
Enfin, Bondy autrement revient sur une question importante, la démocratie : comment faire pour que les habitants participent au projet de la ville ? Selon le maire, il faut favoriser la participation citoyenne avec des sondages, des ateliers, des réunions publiques et inciter les gens à participer aux conseils de quartier. Et faire connaître les dossiers aux habitants. Le maire refuse de nous communiquer les dossiers avant les conseils municipaux, au prétexte que les dossiers restent confidentiels jusqu'au vote du fait de la loi. Nous conclurons en signalant que ce n’est pas faux mais Bondy autrement a permis pendant 14 ans que les habitant.e.s qui le souhaitaient aient accès aux dossiers, c’était donc possible, et légal.
Quel bilan tirer de cet entretien ? Nous remercions le maire de nous avoir reçus : cela nous permet de récupérer quelques informations et de vous les diffuser. Cette courtoisie est d’autant plus appréciable qu’on a connu des maires moins ouverts au dialogue. Pourtant, nous n’avons jamais cru que le maire pouvait être « convaincu » par de bons arguments : les habitantes et les habitants doivent se mobiliser pour leurs revendications afin de se faire entendre. Cela vaut pour la réfection du pont de de la gare, pour l’hôpital, le CMS et la médecine de ville, pour la réussite scolaire, pour le logement social et pour la démocratie. Citoyen.ne.s, bougez-vous pour vos droits ! Personne ne le fera à votre place !