Le pouvoir est tout nu : la police ne se cache plus des caméras pour violer les droits des manifestants, la préfecture tente d’interdire de se rassembler à proximité des lycées au mépris de la Constitution, les médias officiels nous bourrent le crâne continuellement avec des poubelles qui brûlent au lieu d’expliquer les revendications lycéennes, et le gouvernement encourage l’usage des armes de guerre contre son propre peuple… A Bondy, aussi : un jeune de Renoir blessé au cou par la police, un jeune en garde à vue qui passe en comparution immédiate pour rien, évidemment acquitté, des personnels et des familles gazés, un tableau apocalyptique des « violences des jeunes » par les autorités qui refusent d’entendre les revendications légitimes. La manifestation du 17 octobre a montré que ni les vacances ni le froid ne suffisaient à faire taire la jeunesse.
On préférerait que Macron soit sourd par bêtise, mais non : c’est volontaire. Lui et ses amis du MEDEF sont prêts à tous les désespoirs pour empêcher l’égalité revendiquée actuellement. Le gouvernement préfère caricaturer le peuple et détourner le désespoir en laissant l’extrême-droite pourrir le débat avec son obsession de l’Islam.
La solution est simple : il faut du personnel, des classes moins chargées, des bâtiments rénovés contre la chaleur et le froid, des sanitaires corrects, des possibilités de poursuite d’études après le bac et après la licence.
Leur entêtement prouve qu’il faut en finir avec cette république où un homme seul impose sa politique sans même de majorité à l’assemblée ; où la police ne sert pas la population ; où pour éviter de faire payer des impôts aux riches comme aux autres, on laisse mourir la santé, l’école et les services publics.
À Bondy aussi, des dégradations ont eu lieu. Elles sont évidemment le fait de la sottise ou de ceux qui utilisent la mobilisation pour leur profit personnel. Mais elles sont plus profondément le résultat de la volonté de pourrissement du gouvernement face aux revendications légitimes des jeunes.
Nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à nous organiser de façon autonome, sans guide suprême, solidaires, dans les luttes féministes, écologistes, de la jeunesse, contre toutes les discriminations.
Nous sommes plus nombreux et nombreuses qu’eux. Nous avons tout à y gagner et de moins en moins à y perdre.