Monsieur le Directeur,

L’ensemble de l’équipe pédagogique, ainsi que les parents d’élèves représentés par la FCPE du collège Henri Sellier à Bondy, tiennent à manifester leur mécontentement et leur refus d’entériner, lors du prochain Conseil d’Administration de l’établissement, la DHG prévue pour la rentrée 2022 qui a nous été transmise par vos services, en janvier 2022.

Un courrier signé par les enseignants et la FCPE a été envoyé le 18 février 2022 pour demander une audience afin de discuter de cette DHG. En réponse, nous avons reçu une lettre le 7 mars de la part d’Elisabeth Farina-Berlioz. Il nous a ensuite été indiqué que cette lettre, ne répondant à aucune de nos questions et inquiétudes, “valait audience”. A la suite de cette lettre et dans l’objectif de faire entendre notre voix, un collège mort très suivi (550 élèves absents sur 563) a été organisé le 21 avril par la FCPE suivi d’une grève également très suivie (26 professeurs et 6 personnels de vie scolaire en grève) le 17 mai. Lors de cette grève, nous nous sommes déplacés jusqu’à la DSDEN dans l’objectif de demander l’audience officielle qui nous avait été refusée. Arrivés sur place, nous avons été accueillis par des portes closes, puis par la police, puis dans la rue, sur un trottoir, par Benoît Burille. Nous sommes donc consternés par cet accueil indécent qui n'a de considération pour les agents du service public qu'un bout de trottoir.

Nous réitérons donc notre demande par la présente afin de vous demander à nouveau une audience répondant à nos questions et inquiétudes concernant notre DHG.

1) Nous avons actuellement, pour l’année scolaire 2021/22, 7 sections de 6e. Nous nous étonnons de constater que l’administration ne prévoit, pour la rentrée de septembre 2022, que 6 sections de 6e, et surtout que 6 sections de 5e.

Avons-nous actuellement des données chiffrées et concrètes pour ne prévoir que 6 sections de 6e à la rentrée prochaine ? Quelles informations chiffrées ont-elles été transmises par les écoles primaires de Bondy sur ce point ? Sur quelles données concrètes l’administration s’est-elle basée pour prévoir une « évaporation » de nos élèves de cette année pour envisager n’avoir plus que 6 sections de 5e à la rentrée prochaine ? Quelle garantie avons-nous qu’une 7ème classe de 6ème ne sera pas ouverte en urgence fin juin comme ça été le cas l’année dernière ?

2) Pour ce qui concerne les taux horaires des enseignements prévus dans cette DHG, le compte n’y est pas. Les enseignants ont fait le point sur les besoins horaires réels pour assurer leurs matières respectives. Nous en arrivons aux conclusions suivantes pour les différentes disciplines :

● En Histoire-Géographie/EMC : il manque actuellement 0,5h d’AP indispensables par niveau, soit 5h hebdomadaires au total.

● En mathématiques : il manque 6 heures hebdomadaires pour assurer les heures d’AP nécessaires à tous les niveaux.

● Pour les sciences (SVT/Technologie/Sciences physiques et chimiques) : il manque 12 heures (4h par matière) pour que l’EIST soit assuré de façon équilibrée et il manque 6 h pour l’AP en 5e et 4 e , soit au total : 24 h hebdomadaires.

● En Espagnol, il manque 12h d’AP hebdomadaires pour les 5e et les 3e.

De plus, en l'état, la DHG ne prévoit pas les 6h annuelles manquantes pour le LCE (3h par division). Nous vous mettons en pièce jointe la lettre envoyée par notre collègue qui cite l’Arrêté qui stipule que ces heures sont de droit à l'ouverture de l'option et que nous vous remettons dans cette présente lettre.

Arrêté du 16 juin 2017 modifiant l'Arrêté du 19 mai 2015 relatif à l'organisation des enseignements dans les classes de collège :

“Outre la dotation horaire correspondant aux enseignements obligatoires, une dotation horaire, sur la base de trois heures par semaine et par division, est mise à la disposition des établissements qui en arrêtent l'emploi conformément à l'article D. 332-5 du code de l'éducation et dans les conditions prévues aux II et III de l'article D. 332-4.

Cette dotation horaire attribuée à l'établissement lui permet de favoriser le travail en groupes à effectifs réduits et les interventions conjointes de plusieurs enseignants. En outre, elle peut être utilisée pour proposer un ou plusieurs enseignements facultatifs.”

● En EPS, il est indispensable de maintenir les taux horaires pour préserver 3 x 1h d’accompagnement pour la piscine afin qu’il y ait 3 profs pour 2 classes ; et 3 x 1h30 (6eme - 5ème - 4ème) pour l’option dans chaque niveau.

● En français, il manque 10h hebdomadaires pour assurer 1h d’AP par niveau et il manque 15h annuelles pour la poursuite du projet interdisciplinaire avec la Comédie Française engagé depuis plusieurs années.

● En arts plastiques : il manque 25h annuelles pour la mise en place de projets interdisciplinaires avec l’Histoire et l’EPS (Concours national de la Résistance, projet sur le mouvement).

● Depuis environ 5 ans, plus aucune HSA n’est allouée à la co-intervention d'enseignants de spécialités au sein de l'ULIS.

Avant cette date, 7h hebdomadaires (1h de français, 1h de mathématiques, 1h d'histoire-géo, 1h de SVT, 1h d'anglais et 2h d'EPS) étaient allouées. La suppression de ces HSA empêche la création de projets interdisciplinaires et accentue l'isolement de l'ULIS où la professeure unique doit enseigner toutes les matières sur un volume de 21h/semaine en prenant en compte les adaptations nécessaires aux troubles et besoins particuliers de chaque élève. Pour les professeurs qui accueillent des élèves d’ULIS dans leurs classes, il est quasi impossible d’assurer un suivi correct. Nous demandons donc que les 7 HSA disciplinaires hebdomadaires dédiées à l’ULIS soient rétablies.

Nous constatons donc qu’au total, il manque à cette DHG au moins 64 h hebdomadaires et 46 h annuelles pour nous permettre d’assurer nos missions d’accompagnement disciplinaires et nos projets pédagogiques spécifiques si nécessaires à notre public scolaire fragile.

Cette DHG ne nous permettra pas d’assurer une égalité scolaire pour tous nos élèves. Nos inquiétudes sont vives concernant l’avenir du statut REP de notre établissement et nous craignons fortement que nos tutelles envisagent une augmentation des effectifs par classe pour pallier les manques de cette DHG. De plus, nous refusons d’avoir à sacrifier des disciplines par rapport aux autres pour aménager les taux horaires insuffisants qui nous sont alloués.

Nous refusons que les manquements de cette DHG soient palliés par un nombre excessif d’heures supplémentaires (et sous-payées). L’administration doit nous allouer des BMP supplémentaires.

Nos inquiétudes sont d’autant plus vives que la situation de notre collège fait échos à un contexte plus général en Seine-Saint-Denis, département pour lequel la DHG de septembre 2022 prévoit la suppression de 530 heures postes (29,5 ETP) et de 25 divisions alors qu'il faudrait créer plus de 650 postes pour revenir aux conditions d'enseignement de 2010.

Nous sollicitons donc une audience auprès de vous, Monsieur le Directeur, dans les meilleurs délais.

Dans cette attente, veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de nos salutations respectueuses.

Les enseignants du Collège Henri Sellier de Bondy.

Les parents d’élèves représentés par la FCPE.

Copie : envoi direct aux sections départementales des syndicats SNES et SUD Education.

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