Lors de la présentation du 29e rapport de la Fondation Abbé-Pierre, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires a confirmé la remise en cause du texte portant sur la solidarité et le renouvellement urbains annoncée par Gabriel Attal.

books on zlibrary

« N’ouvrez pas la boîte de Pandore », a supplié Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, le 1er février, à l’occasion de la sortie du 29e rapport sur l’état du mal-logement en France. « N’intégrez pas les logements intermédiaires au logement social dans l’application de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) ! » a-t-il lancé à Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, venu, faute de titulaire du portefeuille, endosser la casquette de ministre du Logement.

Mais l’appel n’a pas été entendu. Au contraire, le ministre a justifié l’annonce faite quelques jours plus tôt par le premier ministre, en minimisant son impact. « En creux, dans les propos du premier ministre, il n’y a pas de remise en cause, ni de la loi SRU, ni de la nécessité de pouvoir assurer la mixité du logement, a-t-il tenté de rassurer. Il y a l’idée de regarder si, dans les parcours résidentiels, compte tenu notamment de la pression exercée sur le logement social dans un pays où plus de la moitié de la population y est éligible, il n’y a pas moyen de compléter l’offre qui existe déjà. »

Un coup de massue pour les acteurs de la solidarité

L’intégration des LLI (logements à loyer intermédiaire), aux plafonds de revenus très élevés, dans les décomptes des 25 % de HLM dont doivent se doter les villes, a pourtant fait l’effet d’un coup de massue. En particulier lorsque se loger convenablement et à un juste prix est devenu un casse-tête pour les classes populaires et même pour une partie des classes moyennes.

« Le LLI n’a pas de vocation sociale, il s’agit de logements aidés par l’État, mais pour loger la classe moyenne » haute » : il n’y a pas de commission d’attribution, pas de contrôle des ressources des locataires après leur entrée dans le logement, aucune obligation liée à la solidarité », a rappelé au Monde Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui fédère les bailleurs sociaux.

 

Intégrer ces logements « qui s’adressent avant tout aux cadres et aux cadres supérieurs » ne correspond pas aux besoins, quand 75 % des 2,6 millions de demandeurs de HLM sont éligibles à du HLM très social, argumente Christophe Robert. Une analyse balayée pas le ministre. « Si on ne prend que la valeur la plus élevée du LLI pour expliquer qu’il y a un phénomène d’éviction massif, il y a quand même un phénomène en trompe-l’œil », a-t-il ainsi estimé.

Pour lire la suite, cliquez ICI.